(post antidaté - 1 an)

C'est vraiment une honte, je ne sais pas comment Cineffable peut cautionner des cochonneries pareilles et des gens aussi pervers et superficiels qui usurpent jusqu'à notre identité, notre nom de lesbienne !

Je crois que je vais y être pour lui lancer des tomates !

Adresse du blog : http://imsoexcited.canalblog.com/tag/Queer

Extrait numéro 1 le porno.

Extrait numéro 2 le BDSM avec autant des hommes que des femmes et ceci depuis l'age de 15 ans, cela vaut son pesant de cacahouettes, moi ce genre de nénette je les appelle des hétérotes perverse, elle le dit elle-même, le type même de cradingues qui me dégoutent, et sûrement pas une lesbienne, et elle a rien à foutre dans Cineffable !

Extrait numéro 1 le porno :

je pars demain matin à Berlin, où je vais tourner une scène de cul avec mon transboyfriend pour Courtney Trouble. I'M SO EXCITED I CAN'T SLEEP AT NIGHT.
là-bas aura lieu le 4e Berlin Porn Film Festival, dont le programme est enfin en ligne. Outre les projections de films dans lesquels j'apparais, ici et ici, et l'atelier d'éducation sexuelle que je co-host, en bas de cette page, il y a tout plein de films géniaux qui vont être projetés, des invitéEs super classe, plein d'évènements en marge du festival comme par exemple une compétition de air-sex (!), une expo d'art, le festival de littérature érotique Erophil où je fais une lecture, le Petra Joy Award et le Feministiche PornoFilm Preis Europa, des soirées...
Pour me voir (sur grand écran toute nue et en vrai habillée) :
* au Kino Moviemento (Kottbusser Damm 22, U-bahn Schönleintr. ou Hermannplatz) :
-Vendredi 23 octobre, 17h45, séance Dyke Porn, 7,50€.
-Samedi 24 octobre, 12h, seconde projection de cette même séance (comprenant des courts d'Emilie Jouvet, Todd Verow...), 7,50€.
-Samedi 24 octobre, 20h15, Histoires de Sexe(s), d'Ovidie, 7,50€.
*au Studio 70 (Kottbusser Damm 70, U-bahn Hermannplatz)
-Dimanche 25 octobre, 13h, performance pour Erophil, et je crois que c'est gratuit.
*au studio 38 (Schlesischestr. 38, U-bahn Schlesisches Tor)
-Dimanche de 15 a 18h, atelier d'education sexuelle sur les jeux de roles et les sextoys, 25€ (on va essayer de faire des reductions quand meme, parce que c'est cher) reservations office@pornfilmfestivalberlin.de - l'atelier est ouvert a tou-te-s, en anglais.

toutE lA monde peut pas aller à Berlin, mais ce qui est chouette c'est que je vais refaire l'atelier d'éducation sexuelle sur les sextoys et les jeux de rôle à Paris avec Wendy Delorme, en non-mixité de personnes-se-définissant-comme-femmes, au festival Cineffable, le 2 novembre à 17h. Et en plus cette fois c'est en francais, et gratos. cet atelier aura lieu après la séance "Sexualité et Plaisir" de 15h, où sera projeté le film Passion and Power : The Technology of Orgasm, réalisé par Emiko Omori qui est une documentariste géniale.

toujours pour Cineffable, je participe également au débat sur le SM, le 1er novembre à 22h, aux côtés de Flozif et Jade.

La date de la prochaine playparty queer et lesbienne vient d'etre annoncee ! ça sera le 5 décembre, toujours au Banque Club.

Hier soir j'ai rencontré Eileen Myles après avoir assisté à sa lecture, et j'ai eu le plaisir d'aller dîner avec elle et mes amies fem, c'était une soirée très enrichissante et très inspirante.

Extrait numéro 2 :

Ces derniers temps j'ai tout plein d'envies d'articles, d'idées d'articles, d'esquisses d'articles, mais je suis pas foutue d'écrire un texte structuré et organisé et exhaustif sur quoi que ce soit, alors je poste que des listes de liens sur lesquels vous cliquerez même pas. C'est dommage, j'avais envie d'écrire sur la notion de communautarisme, sur porno hétéro et préservatif, sur Freud et l'orientation sexuelle, sur comment financer le porno queer... Mais je suis trop paresseuse. Bon voilà quand même trois textes sur moi et le BDSM :

1- Je suis une perverse depuis que j'ai 4 ans. Ou même plus tôt. What makes me queer is really BDSM. Bien avant de me définir comme lesbienne, gouine, fem, butchlover, translover... Mon orientation sexuelle, c'est sub. Toutes mes autres identités découlent de ça. J'ai commencé à coucher avec des butchs et des transboys parce que c'était auprès d'elles et eux que je pouvais le mieux obtenir ce que je voulais, assouvir mes désirs en termes de BDSM. C'était un choix, une décision, presque une stratégie. J'ai délibérément éduqué mes préférences et déconstruit mes perceptions genrées. Le choix de mes partenaires a toujours été conditionné plus par ce que j'attendais d'eux sexuellement que par leur apparence physique, leur sexe ou leur genre. Qu'est-ce qui fait que les butchs et les trans sont plus à même de me donner ce que je veux sexuellement que des personnes d'autres genres, c'est une autre question, qui fera l'objet d'un autre article lorsque je n'aurai pas la flemme. Mais ce qui est sûr c'est que le BDSM, par contre, ça n'a pas été un choix conscient. Je ne me suis pas dit "tiens, ça m'intéresse, je vais essayer pour pimenter ma vie sexuelle". Je n'ai pas appris ou découvert le BDSM. J'ai senti ces désirs en moi, et j'ai choisi de les suivre et de les explorer, mais je n'ai pas choisi de les avoir. C'était une évidence. Mes kinks ne sont pas des fantasmes, des accessoires, des condiments ; ils sont les conditions nécessaires à mon excitation, les seuls moyens que j'ai d'avoir du désir. Ils sont mon orientation sexuelle. Parfois même ça m'embête, j'aimerais bien pouvoir baiser avec n'importe qui comme ça sans avoir à expliquer mes désirs tordus, j'aimerais bien pouvoir faire des compromis et faire des trucs vanilles avec mes partenaires qui ont envie de vanille, mais jpeux pas.

2- Je n'ai que 20 ans, et je pratique le BDSM depuis plus de 5 ans. Au début, j'ai recherché énormément de ressources, d'informations et de partage sur internet, car je voulais en savoir plus, et aussi rencontrer des gens avec qui j'avais des intérêts sexuels en commun. Mais tous les forums que je trouvais m'imposaient de mettre une minuscule à mon nom, de vouvoyer les dom-me-s du site... C'était le protocole, soi-disant. J'étais soumise, alors je devais me comporter comme une soumise sur ce forum. J'avais été outrée. Une fois, j'ai essayé de rencontrer un Dom d'un site internet pour un plan cul ; c'était naze, rien à voir avec ce que moi j'appelle le BDSM. Depuis, j'ai eu tendance à éviter les soirées, les communautés en ligne, et généralement mes partenaires sont des débutants, que j'ai moi-même initiés au BDSM, car la plupart des gens qui sont "in the lifestyle" ont adopté des normes qui ne me conviennent pas. Il y a énormément de misogynie. Beaucoup de doms et de masters (auto-proclamés, s'entend) dans le milieu BDSM hétéro francophone sont simplement des petits tyrans, qui prennent leur pied à avoir du pouvoir non-consensuellement. Etre dom-me ou sub, ça ne veut dire quelque chose qu'à l'intérieur d'un échange de pouvoir négocié et consensuel. Soumis-e et dom-me ne sont pas des statuts sociaux, ce sont des positions dans une relation, pas dans une communauté. Je ne suis pas la sub de tout le monde, je suis la sub de quelqu'un. Je ne dois déférence qu'à la personne à qui j'ai choisi de me soumettre. Je ne suis pas soumise à tout le monde, tout le temps. Je ne suis pas soumise à tou-te-s les dom-me-s dans un forum ou une soirée BDSM. Si je suis sur un forum pour demander des conseils concernant l'entretien du latex, je ne vois pas pourquoi je demanderais ces conseils en faisant des pirouettes et en renonçant à la majuscule dans mon nom. Si je suis dans une soirée avec ma domme ou mon dom, je ne vois pas pourquoi je devrais obéissance à tous les autres. Je n'ai pas de contrats avec les autres, je n'ai pas donné de pouvoir aux autres. Je ne suis pas soumise quand je fais mes courses, je ne suis pas soumise quand je vais à la fac, je ne suis pas soumise quand je discute sur internet avec des gens qui font du BDSM. Je suis soumise quand je suis avec quelqu'un avec qui j'ai consenti à avoir une relation d'échange de pouvoir.

3- Comme je me refusais à rechercher mes partenaires dans le milieu BDSM français, j'ai la plupart du temps initié mes partenaires au BDSM, le désir et la demande sont venus de moi. Mais ça a aussi des inconvénients. Une partie d'entre eux-elles étaient réticent-e-s, et acceptaient au mieux du "rough sex", et en tout cas jamais une véritable relation D/s. Pour eux-elles c'était fun, c'était une expérience, c'était un moyen de me donner du plaisir ou d'en prendre, mais c'était jamais la structure de la relation. Les émotions qui passaient entre nous là-dedans ne les rendait jamais profondément heureux-ses ou malheureux-ses, tout au mieux ému-e-s. D'autres partenaires étaient simplement débutant-e-s, pas réticent-e-s, mais simplement pas habitué-e-s, pas familier-ère-s avec ça, et avaient besoin de temps pour avancer, aller plus loin, construire un érotisme et une philosophie autour de ça, l'inscrire dans l'essence de leur relation avec moi. Bien sûr ça prend du temps, et c'est normal. Moi non plus, du haut de mes 20 ans je ne suis pas arrivée au bout de mon apprentissage de ce que c'est que le BDSM. Cependant j'en suis plus loin que tout-e-s les partenaires que j'ai eu-e-s jusqu'à présent, et ça me met parfois dans une position un peu désagréable, de devoir être "top-from-the-bottom", une soumise qui initie son-sa Maître-sse... Devoir demander qu'on me fasse ci ou ça, expliquer ce que j'aime, enseigner des techniques, des notions, des concepts... Initier des nouvelles pratiques, rassurer l'autre qui ne se sent pas à l'aise, pas capable, pas en sécurité... Quand je suis dans le subspace c'est très dur pour moi d'en sortir et de dire à mon-ma partenaire ce que je veux. Mais j'ai pas le choix, alors je dois expliquer ce que je veux, et être en contrôle plus que je ne le voudrais, et petit à petit on fait ensemble le chemin vers une véritable relation domination/soumission, qui sort de la chambre à coucher, qui sort du purement sexuel, qui va plus loin, qui construit nos rapports et qui est un support pour l'amour qu'on se donne. J'aimerais pouvoir davantage lâcher prise, être prise en charge. Souvent j'aimerais que mes partenaires prennent plus d'initiatives, j'aimerais être surprise, j'aimerais jouer avec des personnes plus expérimentées que moi. J'aimerais être choquée par leurs fantasmes. Au lieu de ça, je suis souvent blessée lorsque j'ose sortir de ma pudeur, parler d'un kink ou d'un désir, et que je vois l'autre réagir avec dégoût, ou rejet... C'est humiliant et douloureux lorsque je parle d'une envie et que mon-ma partenaire me juge, me trouve bizarre ou tordue...
Et puis il y a autre chose, quelque chose sur lequel je ne sais pas bien mettre des mots. Les personnes qui m'ont dominée étaient souvent des gens qui se sont révélés pas assez forts pour prendre  véritablement les responsabilités qui vont avec la confiance et l'abandon que je leur donne. Ou qui n'en veulent pas, qui ne savent pas quoi en faire, qui en ont peur, qui les piétinent ou qui ne les comprennent pas. Je me sens souvent assez seule, quand je dis à la personne qui me domine "je suis à toi" d'une manière ou d'une autre, quand je lui exprime ma gratitude ou mon envie de bien faire pour lui faire plaisir, pour qu'elle soit fière de moi, bref, quand je m'étends sur ce que je ressens et la force de la soumission qui m'unit à elle, et que je vois bien qu'elle n'y attache pas tant d'importance, qu'elle n'y attribue pas autant de signification, qu'elle ne comprend pas que ça n'est pas un jeu, que ça ne veut pas seulement dire "tu peux faire ce que tu veux avec mon corps". C'est très douloureux de s'investir autant là-dedans, de donner autant, et d'avoir l'impression qu'il n'y a pas de réponse en face. C'est comme si je donnais tout ce que j'ai à quelqu'un et qu'il le refusait, ou qu'il n'en comprenait pas le sens. Je fais un grand discours romantique, mes yeux se remplissent de larmes, mon coeur est au bord de l'explosion, et l'autre baille. J'ai l'impression d'être seule, d'être "dans mon trip". L'état de vulnérabilité dans lequel je me mets, c'est aussi vraiment dangereux et douloureux parfois, parce qu'il y a si peu de tops qui peuvent réellement le comprendre. Je me sens tellement bien dans le subspace, et je voudrais le partager, et parfois j'ai l'impression de m'être mise dans le subspace toute seule, de m'être "fait un film", de m'être trop emballée. C'est peut-être une des raisons pour lesquelles j'ai toujours eu l'impression que l'expérience de la domination, la position dominante, était beaucoup moins intense, rendait beaucoup moins heureux-se, que la soumission.

Ces derniers temps j'ai tout plein d'envies d'articles, d'idées d'articles, d'esquisses d'articles, mais je suis pas foutue d'écrire un texte structuré et organisé et exhaustif sur quoi que ce soit, alors je poste que des listes de liens sur lesquels vous cliquerez même pas. C'est dommage, j'avais envie d'écrire sur la notion de communautarisme, sur porno hétéro et préservatif, sur Freud et l'orientation sexuelle, sur comment financer le porno queer... Mais je suis trop paresseuse. Bon voilà quand même trois textes sur moi et le BDSM :

1- Je suis une perverse depuis que j'ai 4 ans. Ou même plus tôt. What makes me queer is really BDSM. Bien avant de me définir comme lesbienne, gouine, fem, butchlover, translover... Mon orientation sexuelle, c'est sub. Toutes mes autres identités découlent de ça. J'ai commencé à coucher avec des butchs et des transboys parce que c'était auprès d'elles et eux que je pouvais le mieux obtenir ce que je voulais, assouvir mes désirs en termes de BDSM. C'était un choix, une décision, presque une stratégie. J'ai délibérément éduqué mes préférences et déconstruit mes perceptions genrées. Le choix de mes partenaires a toujours été conditionné plus par ce que j'attendais d'eux sexuellement que par leur apparence physique, leur sexe ou leur genre. Qu'est-ce qui fait que les butchs et les trans sont plus à même de me donner ce que je veux sexuellement que des personnes d'autres genres, c'est une autre question, qui fera l'objet d'un autre article lorsque je n'aurai pas la flemme. Mais ce qui est sûr c'est que le BDSM, par contre, ça n'a pas été un choix conscient. Je ne me suis pas dit "tiens, ça m'intéresse, je vais essayer pour pimenter ma vie sexuelle". Je n'ai pas appris ou découvert le BDSM. J'ai senti ces désirs en moi, et j'ai choisi de les suivre et de les explorer, mais je n'ai pas choisi de les avoir. C'était une évidence. Mes kinks ne sont pas des fantasmes, des accessoires, des condiments ; ils sont les conditions nécessaires à mon excitation, les seuls moyens que j'ai d'avoir du désir. Ils sont mon orientation sexuelle. Parfois même ça m'embête, j'aimerais bien pouvoir baiser avec n'importe qui comme ça sans avoir à expliquer mes désirs tordus, j'aimerais bien pouvoir faire des compromis et faire des trucs vanilles avec mes partenaires qui ont envie de vanille, mais jpeux pas.

2- Je n'ai que 20 ans, et je pratique le BDSM depuis plus de 5 ans. Au début, j'ai recherché énormément de ressources, d'informations et de partage sur internet, car je voulais en savoir plus, et aussi rencontrer des gens avec qui j'avais des intérêts sexuels en commun. Mais tous les forums que je trouvais m'imposaient de mettre une minuscule à mon nom, de vouvoyer les dom-me-s du site... C'était le protocole, soi-disant. J'étais soumise, alors je devais me comporter comme une soumise sur ce forum. J'avais été outrée. Une fois, j'ai essayé de rencontrer un Dom d'un site internet pour un plan cul ; c'était naze, rien à voir avec ce que moi j'appelle le BDSM. Depuis, j'ai eu tendance à éviter les soirées, les communautés en ligne, et généralement mes partenaires sont des débutants, que j'ai moi-même initiés au BDSM, car la plupart des gens qui sont "in the lifestyle" ont adopté des normes qui ne me conviennent pas. Il y a énormément de misogynie. Beaucoup de doms et de masters (auto-proclamés, s'entend) dans le milieu BDSM hétéro francophone sont simplement des petits tyrans, qui prennent leur pied à avoir du pouvoir non-consensuellement. Etre dom-me ou sub, ça ne veut dire quelque chose qu'à l'intérieur d'un échange de pouvoir négocié et consensuel. Soumis-e et dom-me ne sont pas des statuts sociaux, ce sont des positions dans une relation, pas dans une communauté. Je ne suis pas la sub de tout le monde, je suis la sub de quelqu'un. Je ne dois déférence qu'à la personne à qui j'ai choisi de me soumettre. Je ne suis pas soumise à tout le monde, tout le temps. Je ne suis pas soumise à tou-te-s les dom-me-s dans un forum ou une soirée BDSM. Si je suis sur un forum pour demander des conseils concernant l'entretien du latex, je ne vois pas pourquoi je demanderais ces conseils en faisant des pirouettes et en renonçant à la majuscule dans mon nom. Si je suis dans une soirée avec ma domme ou mon dom, je ne vois pas pourquoi je devrais obéissance à tous les autres. Je n'ai pas de contrats avec les autres, je n'ai pas donné de pouvoir aux autres. Je ne suis pas soumise quand je fais mes courses, je ne suis pas soumise quand je vais à la fac, je ne suis pas soumise quand je discute sur internet avec des gens qui font du BDSM. Je suis soumise quand je suis avec quelqu'un avec qui j'ai consenti à avoir une relation d'échange de pouvoir.

3- Comme je me refusais à rechercher mes partenaires dans le milieu BDSM français, j'ai la plupart du temps initié mes partenaires au BDSM, le désir et la demande sont venus de moi. Mais ça a aussi des inconvénients. Une partie d'entre eux-elles étaient réticent-e-s, et acceptaient au mieux du "rough sex", et en tout cas jamais une véritable relation D/s. Pour eux-elles c'était fun, c'était une expérience, c'était un moyen de me donner du plaisir ou d'en prendre, mais c'était jamais la structure de la relation. Les émotions qui passaient entre nous là-dedans ne les rendait jamais profondément heureux-ses ou malheureux-ses, tout au mieux ému-e-s. D'autres partenaires étaient simplement débutant-e-s, pas réticent-e-s, mais simplement pas habitué-e-s, pas familier-ère-s avec ça, et avaient besoin de temps pour avancer, aller plus loin, construire un érotisme et une philosophie autour de ça, l'inscrire dans l'essence de leur relation avec moi. Bien sûr ça prend du temps, et c'est normal. Moi non plus, du haut de mes 20 ans je ne suis pas arrivée au bout de mon apprentissage de ce que c'est que le BDSM. Cependant j'en suis plus loin que tout-e-s les partenaires que j'ai eu-e-s jusqu'à présent, et ça me met parfois dans une position un peu désagréable, de devoir être "top-from-the-bottom", une soumise qui initie son-sa Maître-sse... Devoir demander qu'on me fasse ci ou ça, expliquer ce que j'aime, enseigner des techniques, des notions, des concepts... Initier des nouvelles pratiques, rassurer l'autre qui ne se sent pas à l'aise, pas capable, pas en sécurité... Quand je suis dans le subspace c'est très dur pour moi d'en sortir et de dire à mon-ma partenaire ce que je veux. Mais j'ai pas le choix, alors je dois expliquer ce que je veux, et être en contrôle plus que je ne le voudrais, et petit à petit on fait ensemble le chemin vers une véritable relation domination/soumission, qui sort de la chambre à coucher, qui sort du purement sexuel, qui va plus loin, qui construit nos rapports et qui est un support pour l'amour qu'on se donne. J'aimerais pouvoir davantage lâcher prise, être prise en charge. Souvent j'aimerais que mes partenaires prennent plus d'initiatives, j'aimerais être surprise, j'aimerais jouer avec des personnes plus expérimentées que moi. J'aimerais être choquée par leurs fantasmes. Au lieu de ça, je suis souvent blessée lorsque j'ose sortir de ma pudeur, parler d'un kink ou d'un désir, et que je vois l'autre réagir avec dégoût, ou rejet... C'est humiliant et douloureux lorsque je parle d'une envie et que mon-ma partenaire me juge, me trouve bizarre ou tordue...
Et puis il y a autre chose, quelque chose sur lequel je ne sais pas bien mettre des mots. Les personnes qui m'ont dominée étaient souvent des gens qui se sont révélés pas assez forts pour prendre  véritablement les responsabilités qui vont avec la confiance et l'abandon que je leur donne. Ou qui n'en veulent pas, qui ne savent pas quoi en faire, qui en ont peur, qui les piétinent ou qui ne les comprennent pas. Je me sens souvent assez seule, quand je dis à la personne qui me domine "je suis à toi" d'une manière ou d'une autre, quand je lui exprime ma gratitude ou mon envie de bien faire pour lui faire plaisir, pour qu'elle soit fière de moi, bref, quand je m'étends sur ce que je ressens et la force de la soumission qui m'unit à elle, et que je vois bien qu'elle n'y attache pas tant d'importance, qu'elle n'y attribue pas autant de signification, qu'elle ne comprend pas que ça n'est pas un jeu, que ça ne veut pas seulement dire "tu peux faire ce que tu veux avec mon corps". C'est très douloureux de s'investir autant là-dedans, de donner autant, et d'avoir l'impression qu'il n'y a pas de réponse en face. C'est comme si je donnais tout ce que j'ai à quelqu'un et qu'il le refusait, ou qu'il n'en comprenait pas le sens. Je fais un grand discours romantique, mes yeux se remplissent de larmes, mon coeur est au bord de l'explosion, et l'autre baille. J'ai l'impression d'être seule, d'être "dans mon trip". L'état de vulnérabilité dans lequel je me mets, c'est aussi vraiment dangereux et douloureux parfois, parce qu'il y a si peu de tops qui peuvent réellement le comprendre. Je me sens tellement bien dans le subspace, et je voudrais le partager, et parfois j'ai l'impression de m'être mise dans le subspace toute seule, de m'être "fait un film", de m'être trop emballée. C'est peut-être une des raisons pour lesquelles j'ai toujours eu l'impression que l'expérience de la domination, la position dominante, était beaucoup moins intense, rendait beaucoup moins heureux-se, que la soumission.