Renouveau du militantisme lesbien !
Cyber-Lettre à Solange
Chère Solange, lesbienne radicale anonyme du cyber-space
C'est vrai que j'ai cette rage que vous me dîtes aimer en moi, mais savez-vous que c'est la rage du désespoir ?
Car ma vie est cassée. Et si je vous parle de ma pauvre vie à moi, que dire de la vie de nos soeurs lesbiennes dans d'autres pays plus totalitaires, ou bien ne seraient-elle pas nos soeurs...
Parce qu'après 18 ans, la société et mes parents se sont chargés de me mettre en pièces, et elles étaient où pour m'aider mes copines militantes ?
A Paris quand j'étais en Province ? En Province comme beaucoup de lesbiennes qui pourraient être politiques aussi... Loin des histoires personnelles ? Quand notre vie personnelle d'abus et d'isolement n'est que le résultat de notre oppression ? Ou déjà plus militantes avec nos groupes ayant cessé d'exister ?
Ben oui ils n'existaient déjà plus ! Les seules qui auraient pu réagir, éviter le pire ou venir me chercher, à des endroits aussi divers que la rue ou l'hôpital psychiatrique, et me soutenir en justice, me remettre sur pied moralement, elles avaient quitté la place autrefois pleine de solidarité et de rage de nos salles de réunions !
Je ne vous ai pas tout raconté sur ma vie, mon viol à 33 ans ayant eu bien entendu toute une vie de lesbienne avant et après, et détestant les hommes depuis toujours et maintenant autant qu'avant sexuellement socialement et politiquement ? Mon internement abusif d'un mois en psychiatrie, engagé par une psychologue fonctionnaire, une histoire de fous, qui m'a couté 3 ans de ma vie pour me battre en justice, où j'ai enfin pu récupérer mon honneur mais qui m'a tellement cassée moralement qu'un homme a pu m'abuser facilement juste après ?
Je pense que je suis aussi lesbienne politque que vous, pour moi en plus des livres, la fréquentation de groupes militants de lesbiennes est tout aussi important pour s'en réclamer, et aujourd'hui, la définition que je voudrais me donner semble perdue...
Au fait séparatiste et radicale semblent bien recouvrir la même identité ? Je ne suis pas sûre...
Et il y avait des divergences de vue et d'identité donc au sein même des groupes constitués, avec des discussions animées.
Mais contrairement à vous qui étiez sûrement trop jeune, je les ai au moins rencontrées, moi, les radicales, même si je n'en étais pas. En fait je militais au MIEL qui bien que se disant féministe avait à mon sens pris un peu au radicalisme oui, mais pas tout et où on lisait les revues publiées par les radicales, certaines filles en dehors du MIEL, et en dehors seulement, étaient effectivement toujours en lien avec ce qui restait du FHAR pour rédiger la part lesbienne d'Homophonies, les lesbiennes n'avaient pas de revue à grand tirage à elles non plus à cette époque.
Ces fameux leaders du MIEL ont mis la clé sous la porte vers la fin des années 80, juste comme cela ou peut-être pas assez de monde, mais était-ce une excuse ?
Je me sens trahie en fait dans ma vie personnelle puisqu'on ne m'a pas donné tous les outils pour me défendre qui auraient dû être une plus grande solidarité encore et que l'on reste en contact.
Comment attendre la moindre solidarité de lesbiennes qui contre toute attente cessent de combattre ou ne veulent pas pointer leur nez dans un groupe comme vous ?
L'histoire de militantes qui stoppent un mouvement ou en tous cas de militer, les lesbiennes politiques qui retournent leur veste, mettent de l'eau dans leur vin ou même on en a vu certaines, des Américaines, renier leur sexualité d'origine, se mettre avec des mecs et cracher ensuite sur les lesbiennes politiques, ridiculisent par leur exemples, nos vies, nos combats et nos engagements !
Serais-je fautive moi-même ? Mes copines militantes m'avaient bien fait comprendre qu'en tant que novice, je devrais d'abord consacrer mon temps à faire mon éducation féministe et j'étais beaucoup trop jeune à 17 ans pour comprendre que les filles ne continueraient pas forcément le combat jusqu'à la mort, et même celle qui donnait le plus d'elle-même dans le groupe s'il dût en rester une, et je n'ai pas pensé un seul instant à remettre en cause la façon dont le groupe fonctionnait en prévoyant un avenir que je ne connaissais pas encore... Donc oui, j'ai contribué par mon ignorance à ma propre perte.
A l'époque que j'ai connue, en 1983, tous les mouvements lesbiens étaient venus présenter au MIEL et aux autres associations lesbiennes de la Maison des Femmes leur programme, il y avait les radicales, des anciennes des Gouines Rouges, celles qui militaient au PS...
Dommage que je n'ai pas suivi les radicales à l'époque pour les connaître mieux, enfin peut-être car tout s'est cassé la figure de toutes façons et au moins au MIEL, les filles souriaient et ne manquaient pas du sens de l'accueil et de l'apprentissage pour les nouvelles dont d'autres groupes semblaient manquer...
Mais ce n'était nullement suffisant, la preuve, je vois comme un désastre tant politique que personnel l'éffondrement de ces groupes et le manque de visibilité politique qui en a résulté.
Même si certaines en étaient réduites à discuter dans des groupuscules, sans avoir particulièrement manifesté spectaculairement, on voit cette période comme l'age d'or de l'activisme politique, cette force politique nourissait les lesbiennes isolées auparavant. Elle pouvaient les joindre à tout moment pour des rencontres les rendant plus puissantes, moins vulnérables et avec l'espoir d'un sens, de réinventer notre monde, notre société à nous pour y vivre enfin libre et mieux !
Reste à mon sens à militer ouvertement comme lesbiennes politiques à nouveau, et certainement pas anonymement, mais comme avant, avec énormément de solidarité pour se débrouiller à créér des lieux militants actifs qui seraient aussi des lieux de vie et de solidarité.
Mais sans groupe de discussions et d'actions, sans revues rédigées ensemble, sans lieux de vie, de partage et de solidarité, on est à mon avis encore loin du compte, et pas encore une lesbienne politique.
Commençons par quitter internet et le cyber-space, qu'internet ne nous serve que de vitrine et de contact , mais pas de vie et d'espace militant, je veux du concrêt !
Parce que je suis en colère, y compris contre moi-même. Voilà c'est tout.






Et comme vous pourrez le voir sur la page de liens de Bagdam, l existe aussi
- d'autres associations militantes sur Toulouse :
http://www.bagdam.org/toulouse.html
- des lesbiennes radicales pensantes :
http://www.bagdam.org/ecrivains.html
ET on retrouve les actions, pensées, etc. en images ici :
http://www.lesvideobstinees.org/
Télé Web : pour pouvoir s'y connecter, l'adhésion est de 20 euros par an
J'ai lu vos posts et je suis ok avec tout.
amical lesbien,
Syd