Ma vie de lesbienne séparatiste, tribulations à Londres

Etre lesbienne séparatiste c'est réagir à la problématique de classe dans sa vie, c'est avoir besoin de vivre dans une société différente, libérée de l'emprise des hommes (gays ou non). Londres est l'enfer pour une lesbienne séparatiste.

23 novembre 2009

Envie de sondage

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21 novembre 2009

A diffuser et pétition ! Dernières nouvelles sur les féministes emprisonnées en Iran

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Voici un appel que je crois important de relayer.

Article original sur http://feministschool.net/english/spip.php?article343

15/11/ 09 Bookmark and Share
Dernières nouvelles sur les femmes iraniennes emprisonnées.
Traduit de l'iranien en anglais par Sahar Mofakham (et vers le français par Monique Louicellier)

Feminist School: Malheureusement et depuis près de cinq mois après les élections, la détention continue pour les prisonniers, le mois dernier Hangameh Shahidi a été libérée sous caution après plusieurs mois seulement et Vahideh Molavi, Raheleleh Asgarzadeh et Somayeh Rashidi, arrêtées le 4 novembre 2009 ont été relâchées sous garantie d'un tiers.

Negar Sayeh est toujours détenue en cellule d'isolement.

Negar Sayeh , journaliste également en charge du quartier général électoral des "Jeunes pour Mousavi" situé dans le district 19 a été arrêtée durant les derniers jours de Novembre 2009.

Elle est encore détenue en cellule d'isolement et d'après sa mère, elle n'a été autorisée à appeler chez elle qu'une seule fois seulement, de même qu'elles n'ont été autorisées à se voir à la prison qu'une fois unique également.

La famille de Negar a rendu visite au Procureur hier en lui exprimant son opposition par rapport à cet emprisonnement et également ses doutes relatifs à l'état peu clair de son dossier.

La réponse du Procureur fût : " Elle tient un blog personnel et a écrit des communiqués et plusieurs sujets allant contre l'Etat". La famille a soumis une requête pour être autorisée à aller la visiter en prison.

Saeed Qoreyshi, le mari de Negar Sayeh, qui a été arrêté à son domicile de Shahabeddin Tabatabayi à l'occasion d'une cérémonie de prières Komeil, a finalement été transferré dans l'unité 229 de la prison Evin de Téhéran où il a rejoint d'autres personnes qui y sont détenues comme Ashkan Mojallali, Mohamd Hussein Khorvash et Mojtaba Hussein khani, et ceci après avoir passé deux semaines dans l'unité commune de détention de la prison Evin de Téhéran.

Mahboubeh Haghighi et Mahdiyeh Minavi sont emprisonnées depuis le 22 Octobre 2009.

Mahdiyeh Minavi et Mahboubeh Haghighi, deux membres du Front de Participation Islamique, ont été arrêtées à l'occasion de la cérémonie de prières Komeyl le 22 octobre 2009, tout comme 60 autres participant(e)s.

La plupart des détenu(e)s ont été relâché(e)s petit à petit mais ces deux femmes, tout comme 10 autres détenu(e)s, restent toujours emprisonnées.

Azar Mansouri a été transferrée dans l'unité de détention commune de la prison Evin de Téhéran après avoir passé 50 jours en cellule d'isolement.

Azar Mansouri, ingénieure et députée politique du Front de Participation Islamique a été transferrée dans l'unité de détention commune de la prison Evin après avoir passé près de 2 mois en cellule d'isolement.

Elle avait été arrêtée le 22 août 2009 à Varamin. Sa maison avait été fouillée et le jour suivant elle avait été transferrée à la prison Evin de Téhéran en cellule d'isolement dans l'unité 209.

Son neveu qui avait été arrêté en même temps qu'elle, avait été relâché après 24 heures.

Plus de 110 jours ont passé depuis l'arrestation de Kobra Zaghehdoust et de son mari.

Kobra Zhaghedoust et son mari Mostafa Eskandari ont été arrêtés le 31 juillet 2009 au cimetière de Behesht e Zahra pendant une cérémonie dédiée aux martyrs des évènements de l'après-élection. Ils ont été tous les deux transferrés à la prison Evin, unité 209.

Ils y ont été interrogés peu de fois seulement et leur situation demeure mystérieuse en dépit du fait qu'ils sont en prison depuis les quatre derniers mois.

Leurs familles ont pu les rencontré 80 jours après leur arrestation et ces prisonniers n'ont pas été autorisés à appeler chez eux.

Mostafa Eskandari est détenu en cellule d'isolement dans l'unité 240 et Kobra Zaghedoust se trouve toujours dans l'unité 209.

Ils n'ont aucun antécédent d'activités politiques et n'ont participé à aucune manifestation.

Le procès d'Atefeh Nabavi s'est tenu le 11 novembre 2009.

Atefeh Nabavi a été arrêtée le 15 juin 2009 - au domicile de son amie en même temps que sept autres personnes - juste après la manifestation massive de Téhéran.

Aucun mandat d'arrêt n'a été fourni.

La première réunion du tribunal qui devra statuer sur son cas s'est tenue dans le secteur numéro 12 de la Cour Révolutionnaire de Téhéran, le 11 novembre 2009, soit cinq mois après son arrestation.

Elle était accusée d'inimitié envers Dieu (en conflit avec Dieu) sous la forme de sa coopération avec l'organisation Mujaheddine Khalg.

Le juge a déclaré que la sentence pour une telle accusation se situait n'importe où entre 5 années d'emprisonnement et l'exécution de la condamnée.

Elle a passé 95 jours dans l'unité 209 et a alors été transferrée dans le quartier general et methadone.

Nafiseh Zare Kohan a appelé chez elle.

Nafise Zare Kohan, journaliste, a été arrêtée le 4 novembre 2009.

Elle a pu appeler son domicile quelques heures après son arrestation mais elle ne connaissait pas l'endroit où elle était détenue.

Hojat Sharifi, le mari de Nafiseh Zare, se trouve dans la même situation délicate, il a également pu appeler chez lui mais il ignore toujours tout de endroit où il a été transferré.

 

Annulation des visites et des appels pour les Femmes Prisonnières :

Toutes les visites et tous les contacts téléphoniques ont été annulés pour les femmes prisonnières politiques.

Ceci en représailles contre les prisonnières qui ont décidé de ne pas sortir prendre l'air frais, sortie obligatoire.

La pause sortie d'air frais hors de la cellule à 6 heures du matin est une obligation dans les prisons de femmes, tandis que certaines femmes étaient malades et refusèrent de sortir dans le froid, et il y a eu représailles dans un quartier où elles étaient détenues à la Prison Evin qui a alors annulé toutes les visites.

Les prisonnières Shabnam Madadzadeh, Mahsa Naderi, Atefeh Nabavi, Fatemeh Ziaee Azad et Nazila Dashti sont entre autres détenues dans ce quartier.

Shabnam Madadzadeh est en prison depuis 9 Mois.

Shabnam Madadzadeh,membre de l'Association Islamique et secrétaire députée générale de Tahkim Vahdat (une organisation étudiante) a été arrêtée le 22 février 2009, en même temps que son frère Farzad Madadzadeh.

Elle est accusée de propagande contre l'Etat et d'hostilité envers Dieu (en conflit avec Dieu).

Son procès se tiendra le 5 décembre 2009.

Tayebeh Nabavi a été condamnée à 3 ans d'emprisonnement ferme et à 1 an supplémentaire avec sursis.

Le Tribunal Révolutionnaire de Seman a condamné Tayebeh Nabavi à trois ans ferme et un an avec sursis.

Il y a deux mois, des envoyés des services secrêt se présentèrent pour procéder à son arrestation et elle a été transferrée en prison.

Elle y a été retenue prisonnière et soumise à des pressions lors de nombreux interrogatoires.

Elle a également passé quelques semaines à l'isolement et n'a pas été autorisée à voir son enfant de 3 ans ni sa famille.

Tous ses interrogatoires ont été accompagnés de tortures physiques et mentales.

Elle se trouve encore dans le quartier femmes de la prison de Semnan.

Etat préoccupant de la situation de Monireh Rabiee

Monireh Rabiee, une ingénieure chimiste, qui est passée devant le Tribunal Révolutiionnaire le 7 octobre 2009 après une citation à comparaître a été arrêtée sans raison bien déterminée.

Elle est maintenant détenue en cellule de confinement dans le quartier 209 de la prison Evin de Téhéran.

Monireh, jeune femme de 32 ans n'a aucun antécédent politique.

Elle a été accusée de "relations avec les Mujahedin".

C'est devenu une charge très courante comme la plupart des détenu(e)s ont été accusé(e)s de pareille connection.

Fariba Pajouh souffrant d'une maladie du coeur est en prison.

Les docteurs de la prison ont prescrit un médicament connu sous le nom de Zanax à Fariba. Le médecin pense qu'une maladie de coeur a été contractée en prison lors des 80 jours de son emprisonnement jusqu'à maintenant.

Fariba est passée devant le Tribunal et est de retour en prison et également de retour sous la pression.

Fariba n'a pas été autorisée à recevoir des visites ou des coups de téléphone et elle a également été attaquée par la gardienne de la prison.

Elle est en grave danger et le médecin de la prison continue à insister qu'on devrait lui fournir en urgence les médicaments nécessaires.

Fariba Pajouh, journaliste réformiste et blogueuse, a été arrêtée depuis plus de 80 jours, il a filtré qu'elle est soumise à des interrogatoires très agressifs et qu'on fait pression pour qu'elle admette un comportement immoral.

Une source fiable nous a informées qu'ils sont en train d'essayer de lui faire admettre qu'elle a eu un rapport sexuel, la source ajoute aussi qu'elle a été terrorisée plusieurs fois au moyen de menaces de pendaison.

Zahra Jabbari a été arrêtée pendant la journée Quds

Zahra Jabbari a été arrêtée pendant la journée Quds (18 septembre 2009) et transferrée à la prison Evin de Téhéran où elle est toujours détenue.

Agissez : Signez la pétition 1 million de signatures pour en finir avec les lois discriminatoires contre les femmes et signez aussi celle pour demander qu'on relâche les Militantes des Droits des Femmes Emprisonnées en Iran.




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13 novembre 2009

Message de Brigitte Brami

Déposé aujourd'hui en réponse à mon post du 23 octobre.

Merci de suivre sur le blog des Lesbiennes politiques :

http://lesbenpolitique.canalblog.com

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12 novembre 2009

Brami contre Dubec

J'ai pu aller consulter le livre de Dubec : <<Le plaisir de tuer>> jeudi 5 novembre à la bibliothèque rue Mouffetard qui en avait encore un exemplaire, j'ai lu tout le livre et reste sur mes opinions face aux extraits lus sur internet, j'ai photocopié les pages qui sont effectivement scandaleuses en regard du viol ou donnent une idée de la personnalité ou du professionalisme du Dr Dubec assez criticable à mon sens, il s'agit des pages 26, 27, 37, 38, 39, 178 et 212 à 215, 218, 219, 222, 223 et 224 dernière page du livre.

Les pages les plus scandaleuses étant 212 213, 214 et accessoirement 26 et 37.

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11 novembre 2009

Un blog en attendant notre site

J'ouvre un blog en attendant l'accréditation de notre futur site qui sera : www.lesbiennespolitiques.f-space.net

Ce blog se trouve à www.lesbenpolitique.canalblog.com (le nom a un nombre limité de lettres sur canalblog hélas et je ne voulais pas prendre le mot gouines fort certes mais utilisé abondamment et détourné par les queers actuellement).

Des débats vont y faire rage d'ores-et-déjà.

Uniquement les lesbiennes de notre groupe pourront poster en messages, les autres uniquement en commentaires ou nous soumettre d'abord leurs textes, ou adhérer (pas de droit de participation autre que l'honnêteté politique et se sentir en accord avec notre ligne politique).

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06 novembre 2009

Annulation Voltaire pour ce vendredi soir

Je ne vais pas attendre au métro Voltaire ce soir, car deux filles ne peuvent se libérer et je n'arrive pas à joindre les deux autres, mais vous avez mon téléphone..

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Si je suis tombée par terre... NOUVEAU RDV, METRO VOLTAIRE DEMAIN ET SAMEDI

Le nez dans le ruisseau, jusqu'au bout. La faute à qui ?

Si je persévère, si je sais bien pourquoi certaines n'ont pas pu venir...

Il est 1 heure du matin, mais je ne peux pas encore me coucher, je dois écrire ça.

Comme par hasard, cette décision de venir à Paris pour relancer un groupe politique s'est faite dans l'urgence.Comme par hasard, j'ai voulu rester et je n'ai pas acheté de nouveau chargeur pour mon vieux téléphone, vieux réflexe d'économie militante qui au quotidien m'a permis de venir à Paris mais qui s'est rêvélé ici désastreux, quand dans le même temps je dépensais sans compter pour qu'on me remonte le moral, je suis si faible, si fatiguée, si humaine, si usée sans doute dans mes mécanismes de survie, une pauvre chose...

Je n'ai pas donné mon téléphone déchargé en préférant ne pas acheter un malheureux chargeur redondant à 10 euros, j'ai préféré donner mon email, erreur stratégique, de même ce n'est que vers la fin de Cineffable que j'ai pensé à demander systématiquement email ou téléphone, militante pas assez bien préparée...

Oui je peux me flageller maintenant que je mords la poussière, on peut me jeter la pierre, pas mal de cailloux même.

Aucune des sept lesbiennes qui s'étant engagées à venir ne s'est présentée, au lieu de cela deux invitées surprises.

Mais est-ce un hasard si personne ne veut monter un groupe politique, même parmi celles qui se réclament de la politique, quoi, pas une seule lesbienne politique, reconnue ou pas, en France pour m'aider à monter un groupe ? Parmi toutes celles qui m'ont vue me dépenser à Cineffable ou que j'avais abordées ? Pas une ?

Et pourquoi cette satanée Maison des Femmes a déménagé des environs de la Rue de Charonne à la Rue de Charenton ? Tout le monde se trompe en cherchant à y aller.

Ah oui c'est vrai, il y a celles qui savent tout, qui sont intégrées dans leurs communauté lesbienne radicale de connaissances ici et là, qui ont internet sur le iphone qui ne tombe jamais en panne et peuvent se permettre de parler, d'arriver au bon endroit, d'avoir un boulot qui paye, des tickets de métro ou une voiture, des arrangements diplomatiques, des priorités, celles pour qui tout va bien et qui ne voient vraiment pas ce que je suis en train de faire, mieux n'y croient pas, mieux n'ont pas envie de parler avec l'insignifiante moi, et encore viennent pour me contrer et me décourager ou juste par curiosité, histoire de bien entériner mon échec et de repartir dormir sur leurs deux oreilles.

Et où se rencontrer d'ailleurs quand la Maison des Femmes réclame un minimum de 5 euros par personne par réunion alors même que la place est vide sur le moment et que personne ne se réunit ? On m'avait dit ce que tu veux, puis 1 ou 2 euros puis minimum 5 pendant la réunion, je n'ai pas bien compris, désormais si on me promet quelque chose je demanderai des écrits.

De qui se moque-t-on, se réunir entre personnes pour militer politiquement, est un droit non soumis à impôts, il doit être favorisé et non découragé !

Il y a 20 ans la Maison des Femmes dans son impasse toute pourrie était un vrai lieu pour lesbiennes militantes. On n'y demandait pas d'argent. On n'y demande toujours rien (ce qui est normal) à ces femmes qui n'ont rien, qui viennent pour un conseil, une aide juridique, laver leur linge, en tant qu'immigrées ayant des problèmes d'extrême précarité, de violences qu'elles subissent, et il y a très peu de lesbiennes parmi elles...

Alors pourquoi donc veut-on tuer un mouvement lesbien naissant, est-ce moins honorable de faire marcher ses neurones et de vouloir changer les choses que de ne pas militer quand on vient à la Maison des Femmes ?

Pourquoi doit-on être soumises et isolées, pourquoi les individuelles seraient-elles laissées libres d'entrer et venir moyennant une cotisation annuelle modique mais que dès qu'il y aurait discussion entre elles on les taxerait ?

Ou pourquoi veut-on favoriser des lesbiennes plus établies qui n'ont de toutes façons guère envie de militer dans un groupe révolutionnaire ?

Si on commence à demander 20 euros par mois à des lesbiennes pour juste se réunir dans un lieu où il y a peu de lesbiennes, eh bien simple, on tue le mouvement.

J'ai connu la misère dans ma vie, heureusement, mais je suis infiniment moins miséreuse que d'autres comme moi qui ne peuvent pas parler, justement parce que j'ai quitté le système de l'esclavage du travail, et on voudrait encore me faire taire ?

Mais merde je ne suis pas prête de me taire ni de prendre des gants avec tout le monde, on reconnait ses amies commes ses ennemies, la diplomatie, à d'autres !

Pourtant je suis là, je parle pour d'autres, pour celles à qui on n'offre pas la chance de parler, pas toutes les lesbiennes c'est vrai, une minorité même parmi les lesbiennes politiques ou politiques-à-être.

La majorité de celles que j'avais recrutées et qui devaient venir n'a pas fait exprès de ne pas venir.

Une s'est trompée d'adresse, maudite Rue de Charenton, elle cherche du boulot, elle est généreuse, elle n'est pas riche et elle n'avait pas de tickets de métro pour venir une fois son erreur comprise, elle m'a quand même laissé un message sur un portable éteint que j'ai consulté trop tard. Faute à moi, je sais.

Mais j'ai l'adresse où elle squatte, j'essayerai de la trouver demain, j'ai laissé un message dans la boite très tard...

Faute aux autres aussi qui disaient, t'inquiète pas les filles trouveront...

Je suppose qu'une autre un peu plus riche a fait de même, trompée d'adresse, je pourrai retrouver son portable demain et savoir la raison car elle m'avait offert de passer un coup de fil depuis son portable à la lesbienne qui m'héberge, est-ce ma faute, ai-je machinalement parlé de Charonne en place de Charenton ? Pourquoi étais-je si maladroite pour collecter emails, téléphones ? Parce que j'étais seule pour tout faire, parce que cela va trop vite, que j'étais face à une foule à cineffable et devais donner de la tête de tous les cotés, aller vers les lesbiennes, argumenter, garder mon poste, imprimer des tracts, trouver un lieu, attendre des réponses, etc... Seule, seule, seule...

Une autre pas riche non plus a dû accepter un petit boulot du soir en dernière minute mais a eu la courtoisie de m'en avertir par email, elle est allée dans un cyber-café tout exprès.

Une autre travaillait jusqu'à deux heures du matin...

Voilà, elles ont toutes une conscience politique, sans avoir eu l'occasion de militer, elles ont la même idée que moi mais sont toutes comme moi qui devrai retourner à Gruissan isolée samedi soir, elles sont isolées par la pauvreté ou par un travail prenant.

Et puis il y a les autres.

Moi je m'en fous des autres, je veux me battre pour mes soeurs, celles qui me ressemblent et qui sont les seules qui porteront assez d'expérience de l'isolement et de la vie dure, pour avoir une parole juste, révolutionnaire et un engagement vrai.

Et moi j'ai envie d'écrire après des discussions avec elles, sur les théories dont d'autres se gargarisent, sur ce que je pense des théories radicales parce qu'il y aurait beaucoup à écrire encore, sur les queers aussi, ça me passionnerait de le faire mais ça, ça prendra du temps bien sûr, tandis que l'energie pour créer un groupe elle devrait déjà être là, je ne devrais pas être la seule, on aurait dû m'entourer à Cineffable, pas me snober, ou alors les lesbiennes qui se disent radicales sont des impostrices elles aussi, des lesbiennes radicales petites-bourgeoises bien installées dans la routine.

J'ai vraiment envie de réfléchir et d'écrire, j'ai envie d'un groupe de discussions politiques officiellement et visiblement politique, visible immédiatement comme tel dans le monde des associations lesbiennes, j'ai envie de trouver de l'enthousiasme, pas des << tu n'as rien inventé, tu nous occultes, tu es gonflée mais tu n'arriveras à rien, on fait bien assez comme cela... Toulouse et rien ailleurs, les queers on les embête pas, etc, etc.. >>

Alors demain je regarderai mes emails, appelerai les téléphones que j'ai déjà, irai voir la copine au squat qui habite près de Voltaire justement (ce n'est pas pour rien que je choisis ce lieu) et je vous propose un RDV métro VOLTAIRE rue Voltaire à 19 H, en pleine rue, avant pour les filles qui bossent le soir, proposez-moi, on se verra et je reviendrai encore à 19 H pour les autres et si on se trouve, on ira ensemble ailleurs. Ce serait bien d'aller au débat Ciné à la Maison des Femmes, si on ne nous taxe pas mais on ira ensemble depuis Voltaire, à pied.

Et pour samedi ? Rebelote, un peu plus tôt, disons dans l'après-midi car j'ai mon train à 21 H 30 à Auzterlitz et mes bagages à traîner avec moi.

Et si il y a personne, il y aura au moins moi pour faire honte à beaucoup d'autres, à la France lesbienne ou en tous cas au Paris lesbien politique tout entier !

A demain.

Monique

(Au fait je laisse encore mon téléphone, je le laisserai allumé demain à partir de midi, privilégez les sms aux appels moins gourmants en énergie et je tâcherai d'acheter un chargeur mais je ne promets pas d'arriver à rendre mon portable fonctionnel, il reste si peu de temps, il faudra que je le recharge sur Paris et je ne sais pas où dans la journée de demain, mais peut-être marchera-t-il pour samedi. N'appelez pas juste pour dire que vous ne venez pas non plus.) : 06 98 66 36 94

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03 novembre 2009

Première Réunion jeudi 5 novembre 2009

Alors nous y voilà.

Jeudi 19 H Maison des Femmes 163 rue de Charenton... Pas ouvert à toutes, juste aux futures militantes de la cause juste, admission par cooptation et des statuts seront élaborés avec la plus grande précaution, on ne nous infiltrera pas. Lundi 2 novembre c'était les liens tissés à Cineffable mais la naissance officielle sera sans doute le 5, à 19 H, 163 rue de Charenton.

Quel nom donner ? Mon bus m'a fait passer ce matin devant Au Bonheur des Dames, mais non quand même, son altesse ne devrait pas pousser sa mégalomanie si loin, renaissance des lesbiennes politiques, ou juste Lesbiennes Politiques ? Ce sont les autres qui choisiront, je le sais en plus...

Ainsi j'ai survécu, je suis toujours à Paris et suis passée cette nuit d'un camping-car avec une chienne, sans grand confort mais garé auprès du très joli Bois de Vincennes (très proche de mon lieu de naissance, heu le Groupe de Vincennes ? non !) à une maisonnette tout confort avec deux chattes en banlieue, bien entendu les propriétaires de ces lieux étaient sur place et j'ai à chaque fois été accueillie par des lesbiennes charmantes et solidaires...

Je n'ai pas trop dormi en début de nuit toute excitée par la perspective d'avoir réussi, juste en le décrétant possible, en dépit de toute attente et presqu'uniquement à la force de mes petits bras à relancer en quelques jours un mouvement de lesbiennes politiques après 20 ans de désert, j'ai aussi pensé à la merveilleuse lesbienne qui me soutient dans l'ombre et qui a dû danser de joie en apprenant les premières bonnes nouvelles.

En fait si j'avais eu du champagne, cela aurait été l'occasion de fêter cela, mais non, j'avais seulement un peu de musique de ces années 80 que j'ai écoutée avant que mon lecteur ne tombe en panne lui aussi comme mon téléphone... je n'avais pas prévu tout cela, de rester à Paris pour une première réunion.

Et dire que j'ambitionne une autre première ailleurs bientôt...

enfin pour Paris et pour une fois, le rêve a pris une longueur d'avance sur le terne de notre quotidien.

Donc je dis vive les utopistes, les rêveuses, les acharnées, les pauvres folles.

Il ne faut pas vendre la peau de l'ours, mais quand même, dans 2 petits jours je me vois chausser avec bonheur les mêmes mocassins de meneuse de groupe que portait celle qui m'avait initiée au lesbianisme politique, 25 ans plus tôt et dans le même lieu.

Il y a certaines ironies de l'histoire ou des coincidences qui semblent bien ne pas en être.

Elle ne m'avait initiée qu'à cela, à la politique, je le précise car ce n'est pas inutile pour celles qui la connaissent, que du chaste entre nous donc, je n'avais que 17 ans et fût sauvée par l'age bien malgré moi.

Sa contribution fût de me remarquer et de me transformer par l'intensité de son regard, j'en étais tombée très amoureuse d'ailleurs et j'ai alors appris mes premières leçons politiques avec toute la passion et l'acharnement d'un premier amour contrarié, pour arriver à gagner son estime...

Est-ce le hasard si au même moment Claudie Lesselier créait les archives lesbiennes et s'acharnait sur cette cause là inlassablement, et que gràce à cet entêtement confinant à l'obsession les archives sont encore là, intactes, pas éclatées, vivantes, n'attendant que nous, les politiques, pour le grand retour, et même revenues dans le même haut lieu du symbolisme militant féministe et lesbien.

Et maintenant 25 ans plus tard, nous y voilà, à moi de jouer cette fois, avec l'amertume au fond de la gorge de toutes ces années gâchées et des vies de lesbiennes isolées ou bien contaminées par le queerisme pour les plus jeunes.

Alors pour une fois, je ne cèderai pas cette place, ce premier moment d'émotion à quiconque, à aucune dinosaure du mouvement lesbien.

Très mégalomaniaque, je sais, mais avant de passer mon tour, je veux juste ressentir les premières secondes... où on se réunira à nouveau. Cette force et ce bonheur. La liberté. Prendre nos destins en main. Ecrire l'histoire, rêver le monde, toucher l'utopie, retrouver l'inspiration et poser nos pensées.

Je vais le faire très fun, ceci dit, si je retrouvais des coussins pourris comme dans le bon vieux temps, il y en a peut-être d'ailleurs, je vais aller voir cet après-midi... Je vais amener du pastis si je peux, ou autre chose, j'espère qu'elles seront heureuses pour la grande première, c'est du bonheur la politique, c'est la vie, des amies aussi, j'espère que S. sera là avec sa caméra...

7 filles qui viennent, 2 ou 3 autres en option. On a commençé à moins que cela.

L'ambiance devient pourrie dans le cyber-café d'où j'écris, peut-être temps d'y aller maintenant.

Je pense à ces queers, que je hais, à Marie-Hélène Bourcier à qui j'ai dit avant-hier que bien sûr j'éprouverai du plaisir avec sa clique, son porno, son SM et son bourrage de cervelles mais précisément au moment palpable où je l'aurai écrasée symboliquement et la rage me tient toujours comme la haine...

C'est bien, très bien, j'y vais maintenant.

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02 novembre 2009

Premiere Reunion Maison des Femmes de Paris

Un message tres vite, il semble que je pourrai enfin organiser une reunion de lesbiennes radicales au vrai sens du terme, ou lesbiennes politiques, farouchement anti-queer, anti-pro-sexe, anti-porno et anti-sm ce qui devra etre inscrit dans les statuts a cause de l'infiltration queer qui est systematique et sournoise helas...

Elle devrait avoir lieu cette semaine a la Maison des Femmes de Paris en soiree puis les semaines prochaines a Toulouse (autre groupuscule du mouvement federe, memes statuts, meme combat) alors celles qui devaient venir et m'envoyer un email, faites-le vite.

Par ailleurs ce blog est personnel, tres personnel et nous creerons un autre blog uniquement politique ou se referer pour la suite... Donc si vous atterrissez ici, gardez-cela en tete...

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01 novembre 2009

Petit compte-rendu très sommaire

Chères amies,

Je vois que peu de monde consulte mon blog et j'espère que la raison en est que vous êtes au Festival Cineffable, tout comme moi, vous avez remarqué que je m'y active.

Une chose importante est de voir le contenu de mon tract et de s'engager ensemble dans un mouvement politique, un groupe qui se réunirait, plutôt radical à priori et bien sûr anti-queer.

Alors ce blog évidemment est très personnel, plus comme un amusement, je n'avais pas écrit là dedans dans l'optique qu'il devienne une vitrine politique, et je n'aime pas trop le monde virtuel mais le concrêt, donc s'il vous plait, ne me jugez pas politiquement par rapport à ce blog, personnellement par contre vous pouvez vous y réferer.

Regardez mon action plutôt.

Vous m'avez peut-être vue m'activer seule à Cineffable, malgré la fatigue et mes conditions précaires, distribuer mes tracts, discuter avec le plus de lesbiennes possibles, être visible y compris recouvrir mon petit imperméable noir hier de ces cartons blancs où j'ai écrit

ANTI-QUEER

LESBIENNE POLITIQUE

RENOUVEAU DU MOUVEMENT DES

LESBIENNES RADICALES

Je fais ce que je peux.

J'ai beaucoup d'estime pour les initiatives lourdes et si porteuses de sens de Vidéobstinées, Bagdam, Repaire de Jubilation et d'autres moins connues, des militantes souvent radicales mais isolées dans des groupes qui le sont moins et qui tirent ces groupes vers le haut, ou simplement qui sont en réseaux d'amitié et à Cineffable.

Egalement pour le groupe de Résistance contre la Haine Sexiste d'Annie F., des féministes radicales, je les admire énormément pour leur action spontanée comme la mienne mais plus en nombre que la mienne, constatée à Cineffable et pour leurs tracts où je suis d'accord à 100 % avec elles mais même si il y a des lesbiennes parmi elles, il s'agit de vie privée pour elles et elles n'entendent pas porter ou devenir un mouvement lesbien radical.

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Euh non ajout rectificatif du surlendemain pour le passage ci-dessus : ce groupe contre la haine sexiste m'a snobee du debut a la fin, une fille de leur propre groupe (je l'ai su apres en les voyant discuter ensemble sympathiquement et interrogeant la distributrice pro-queer) a distribue un tract pro-sexe, pro-queer signe Ingrid, lesbienne radicale anti-imperialiste (sic) contre leur propre tract du depart qui etait tres bien, ce deuxieme tract en prenait le contre-pied, et pas d'explication donnee, donc non quelque part je reste sur la reserve...

De qui se moque-t-on ? Encore de l'entrisme queer deguise en feministes ou quoi ?

Je pense aussi a un blog soi-disant ami qui avait tout l'air correct et des choses que j'ai decouvertes sur la page Myspace de l'auteur grace a son email ( des amis tous Q sur sa page dont Wendy Delorme elle-meme, et a nouveau pas d'explication donnee mais on ne milite plus avec moi.. comme par hasard)... Mefiez-vous des apparences et de la DESINFORMATION.

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Donc où peut-on trouver un mouvement lesbien politique visible, vraisemblablement radical, qui en tous cas se pencherait sur ces thèses, sans exclure des initiatives plus concrêtes et solidaires, un groupuscule, plusieurs même dans toute la France (peut-être en commençant par Paris et Toulouse où il y aurait plus de lesbiennes politiques qu'ailleurs ai-je entendu) où les militantes puissent se rassembler pas une fois l'an mais toutes les semaines ou plus pour discuter, agir pour la création de lieux non-mixtes par exemple, pour des réseaux lesbiens politiques, pour la discussion des théories politiques et leur élaboration même, où ?

Je ne sais pas, je n'ai vu personne reprendre ce flambeau depuis la fin des années 80, alors je suis imparfaite, mais je commence quelque chose, et si vous vous reconnaissez comme lesbienne politique et déplorez ce vide actuel, pouvez vous investir dans quelque chose d'un peu plus vivant au niveau politique ? Merci de ne pas me laisser tomber.

Pour aller jusau'au bout de mes opinions, il s'agit maintenant de chercher concrêtement un lieu, des lieux et de proposer des débats, une première réunion.

La Maison des Femmes de Paris peut accueillir des groupes même après le départ de la permanente, soit le soir, je ne sais pas encore pour le week-end, mais peut-être, et pour Bagdam espace à mon avis aussi, donc tout est possible et j'aimerais même passer maintenant à Cineffable une information pour une première réunion-débat sur le thème politique radical par exemple ce vendredi soir de cette semaine, à 19 H, plus tard si ce n'est pas possible... parce qu'à vrai dire je n'ai pas encore pris les contacts.

Un débat spontané à Cineffable à la cafétéria du Trianon ou de la Halle St Pierre si on nous laisse faire, serait souhaitable aussi avant que toutes les lesbiennes retournent aux 4 coins de la France.

Je n'ai même pas de matériel, il me faudrait une petite banderole, un hébergement dès demain pour une semaine de plus, etc...

Un peu tard je sais, utopie peut-être mais si je ne bouge pas, rien n'arrivera en tous cas cette année...

Ne me me laissez pas me battre seule.

J'ai pris pas mal de contacts de lesbiennes intéressées, y compris des lesbiennes des USA, mais aussi du mépris même venant de rang de lesbiennes politiques, du désaccord notamment sur le fait qu'il n'y avait rien, mais moi je continue à le penser qu'il n'y a pas ce au'il faut en visibilité et agitation d'idées politiques et qu'il  faut encore aller un tout petit peu plus loin.

Texte de mon tract ci bas pour information :

Pourquoi n’y a-t-il plus aucun mouvement lesbien visible sur la scène politique depuis plus de 20 ans ? Lesbiennes politiques, radicales, séparatistes, ou issues du mouvement non-mixte des années 70 et 80, nous voulons reprendre pied sur la scène politique, former des groupes et recruter des jeunes !

Il y a urgence à être visible pour ne pas perdre notre héritage politique.

Au nom de la philogynie, que notre rage, notre amour des femmes et notre sens de l'entraide soient plus forts que les forces qui anéantissent le progrès humain !

Sœurs et solidaires depuis toujours, nous sommes toujours là, relançons donc ce mouvement lesbien politique fort et visible, sans concessions, dans la continuité de nos mères et soeurs spirituelles, ne laissons plus aucune de nos sœurs isolées.

Notre engagement irréductible, nos analyses de libération, notre culture et nos acquis dont le langage de la véritable égalité pourrons renverser l'ordre social qui discrimine, tue, viole, rabaisse.

Il faut des débats pour créer nos groupes politiques et rompre l'isolement et il y a urgence aussi à régler son compte à l'imposture Queer pro-sexe qui subordonne les femmes et infiltre la société en notre nom !

Pour une Nouvelle Présence Politique et une Solidarité Lesbienne.

Contact : monique.louicellier@yahoo.com

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29 octobre 2009

Départ

Il est presque 5 heures du matin, je pars pour Paris et j'espère vous y retrouver devant notre stand à Cineffable.

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25 octobre 2009

Cineffable, rencontres

Je serai à Cineffable de toutes façons et quoi qu'il arrive, sauf grêve de la SNCF (et encore je tenterais de partir en auto-stop!.. Plus de 1000 km, oups), vendredi et samedi prochain, et même si je ne devais plus trouver de place dans un hôtel bon marché. Vraisemblablement entre les stands Bagdam et Violette & Co.

Je cherche toujours des rencontres pour ces deux jours. Je serais en fait très excitée de rester pour les deux jours suivants afin de me confronter aux queers cette fois, mais sans hébergement, je ne sais pas..

Je trouve aussi dommage de ne pas être accueillie chez une autre lesbienne afin de profiter pour discuter ensemble, surtout si vous vous reconnaissez dans les opinions politiques qui me tiennent à coeur (j'ai un sac de couchage, ne fume pas)...

Donc j'irai avec l'optique de lancer un mouvement mais encore dans l'incertitude concernant les lesbiennes qui sont effectivement de mon bord politiquement ou non.

Et si je suis seule tant pis, mieux vaut encore être seule, transparente et déterminée que mal accompagnée.

Mon attachement à moi est clair : lesbiennes avec une conscience politique de toutes orientations féministes, ou lesbianistes radicales et séparatistes, voulant nous joindre pour lutter dans la non-mixité (militer entre lesbiennes), MAIS FAROUCHEMENT anti-porno (inclue le porno lesbien bien évidemment), anti-queer, anti-SM, les anti- étant très très importants dans le contexte et devant constituer la base de reconnaissance des nôtres, en dehors de tout language et divergences théoriques plus compliquées...

L'action serait à la fois orientée vers la lutte contre les queers (la priorité du moment et le dénominateur commun) et vers notre visibilité politique dans un esprit de philogynie, de sororité et en assurant le lien avec celles qui sont isolées ou qui ont à nous transmettre leurs acquis.

Merci !

PS : Par ailleurs je suis déçue des trahisons et j'aurais beaucoup à dire là-dessus.

Mais j'ai un deuxième appel à faire, j'ai besoin de soutien en urgence pour Cineffable de toute féministe, lesbienne ou non, qui est militante anti-porno, y compris porno lesbien bien sûr, et m'aidera dans ma bataille avec la star Wendy Delorme du pervers queer porno et SM, en assurant la partie rhétorique et théorie si je viens à manquer d'arguments. J'avais laissé des messages sur des blogs, mais pas de réponse, si vous avez un téléphone d'une association, ou des textes à me faire parvenir, merci de me les laisser en toute urgence avant idéalement mercredi 28 octobre à midi.

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23 octobre 2009

Psychiatre influent contre harassement féministe : 15 mois fermes le 15 octobre 2009 !

Posté sur Lez-La-Meute le 17 octobre 2009 et remarqué par moi-même cette nuit :

Bonjour (...),

Aujourd'hui les femmes (...) prenaient la rue afin de dénoncer l'inéquité, la violence faite à leur encontre, les mauvais traitements mais non seulement ... L'une d'entre elle va payer le prix fort après avoir dénoncé, avoir osé ... elle s'appelle Brigitte Brami. Je joins à ce blog une lettre postée en commentaire sur mon blog du 12 Octobre (sic. En commentaire sur la page blog du 12 effectivement mais bien posté le 17 octobre, soit après le jugement,  voir : http://samielouve.canalblog.com/archives/2009/10/12/15399262.html#comments) par cette jeune femme et qui vous en dira long sur l'injustice qu'elle subit. Je vous demande d'en prendre connaissance et de faire votre possible afin de lui en aide .... au nom de cette solidarité qui unit les femmes.
Merci de tout coeur ... (...)

Je me nomme Brigitte Brami, de ma vie, je n'ai jamais ni volé, ni tué, ni agressé qui que ce soit, je n'ai jamais fait subir à des enfants des attouchements (ni à personne d'autre d'ailleurs, je suis bien trop fière pour faire le premier pas, j'ai toujours attendu, qu'on prenne les initiatives...), je ne me suis jamais livrée à du trafic de stupéfiant, je n'ai à mon actif fait preuve d'aucun délit de corruption, je n'ai jamais fraudé le fisc, ni mis le feu à une baraque, ni même abuser la SNCF ou la RATP ! et pourtant, hier, j'ai été condamnée à 15 mois fermes de prison avec mandat d'arrêt !

Hier, en effet, le 15 octobre 2009, le délibéré a été prononcé. Il y a, dans cette affaire - dont, première en France, j'ai déjà été jugée pour les mêmes faits, ce qui ne peut pas être une récidive puisque les faits sont antérieurs au premier jugement ! - deux perdants et un gagnant.

On a deviné qui est le gagnant. La perdante, c’est moi, mais la plus grande perdante, c’est la justice française. Elle voit très clair.

La loi est supposée faite pour affranchir le faible, mais c’est le contraire qui se vérifie trop souvent.

Rendons la justice aveugle, de façon à ce qu’elle ne puisse distinguer le faible du puissant…

Je vous demande à tous, amiEs ou inconnuEs de l'aide; Vous avez le choix entre plusieurs possibilités :

1) D'abord diffuser sur toutes vos listes cet email

2) Postez-le sur tous les sites que vous connaissez

3) Parlez-en le plus possible autour de vous si possible à des médias et journalistes en priorité

4) L'aide peut également être d'ordre financier car les très grands avocats assez solides pour lutter contre le pervers national qui m'a faite emprisonnée coûtent très cher et c'est normal : il faut un sacré travail et une énergie incroyable pour se battre contre le personnage en question. Donc, aucune somme ne sera négligeable : 5, 10 euros, et beaucoup plus si vous le pouvez me seront très utiles (je vous enverrai bien entendu un reçu) à mon nom et à l'adresse suivante : 1, rue Vidal de la BLACHE - 75020 PARIS -

5) l'aide morale : une lettre, un petit mot gentil me soutiendront car je reste avant tout un être humain que 14 ans de conflits avec dubec ont brisé, même si je veux parfois donner le change - toujours cet amour propre ! - et que mon amertume se manifeste quelque fois par de l'hystérie, de l'agressivité ou de la fausse arrogance

6) des lettres de soutien à verser au dossier : certificats moraux, lettres qui viennent d'organismes institutionnels, ou associatifs, et contestant dubec - ça peut être pour son acharnement judiciaire contre moi ou pour ce qu'il a écrit dans son livre ou les écrits qu'il a signés lors d'expertises.

Merci d'avance à toutes celles et tous ceux qui répondront à ce SOS. Je compte réellement sur vous toutes et tous.

Auteur : brigitte brami

Alors que s'est-il donc passé ? Nous en avons un compte-rendu ici (source media bénévole de come4news) et le journaliste ironise sur l'option défaitiste d'abandonner le plus faible à son sort : bien Brigitte a perdu et gagné 458 jours de détention ? Ca ne nous a pas l'air juste du tout, mais la justice est passée ? Très mal sans doute, mais alors que fait-on maintenant, on s'endort et on oublie tout cela ou bien une autre idée ?

Pour la seconde fois, devant un tribunal, Michel Dubec, expert psychiatre devant la Cour de cassation et auprès d’autres ressorts, obtient « réparation » de Dame Justice. Ce n’est point à Riom-sur-Seine, mais à Paris que Brigitte Brami, son ancienne patiente, a été condamnée de nouveau à quinze mois de détention pour harcèlement à l’encontre de Michel Dubec, psychiatre devenu psychanalyste. Un mandat d’arrêt a été délivré à la suite du prononcé du délibéré. (la suite à : ) http://www.come4news.com/plaisir-de-tuer-dubec,-458,-brami,-0-731089

Voilà des infos sur Brigitte Brami (source Sisyphe) :

Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir a été l’électrochoc de sa vie. Depuis, l’auteure dit avoir été un “électron libre“, quoique adhérente de base de plusieurs associations féministes, en participant à des actions selon ses convictions personnelles. Elle a publié aux Editions Saint Germain-des-Prés, vers l’âge de 20 ans, un recueil de poésie intitulé La lune verte. Elle a animé une émission de radio au moment des premières radios libres. Ensuite, ellle s’est surtout intéressée à l’oeuve de Jean Genet : un DEA en arts du spectacle mention théâtre sur Jean Genet ; une thèse de doctorat en littérature et civilisation française sur Jean Genet ; et elle a été assistante de la commissaire, lors d’une exposition sur Jean Genet et le monde arabe, organisée par l’ambassade de France au Maroc, qui s’est déroulée dans tout le Maghreb, au début des années 2000. Elle a un projet de publication en cours sur Jean Genet.

Brigitte Brami qui ne s'était pas présentée à l'audience ce 15 octobre 2009 a été jugée coupable il y a une semaine donc, de harcèlement, c'est-à-dire dans la réalité d'envois de critiques au Dr Dubec sous forme de cartes postales variées (!!!) , aucun sursis de peine n'a été accordé et un mandat de dépot a été ordonné immédiatement. 

La vérité à ne surtout pas négliger est aussi que dans le même temps elle activait des pétitions sur internet pour dénoncer l'apologie du viol dans le livre dernièrement sorti du Dr Dubec, qui tout comme le livre de Fredéric Mitterrand n'avait pas eu l'air de choquer grand monde lors de sa parution, tout au contraire...

Elle avait donc déjà fait quelques mois de prison bien des années plus tôt, une condamnation de six mois fermes prononçés en son absence également, lors d'un procès où elle n'avait pas voulu se présenter, les faits reprochés étaient qu'elle avait cherché des explications directement de ce psychiatre-psychanalyste qui avait été pour sa plus grande malchance son (mauvais) thérapeute, et sans doute pas que le sien au vu des nombreuses autres plaintes de patients et donc elle se serait heurtée à lui dans le corridor où la lumière à déclenchement automatique était tombée en panne au même moment...

Elle prétend être tombée sur son genou dans le *choc* avec ce psy hors du commun et dont c'est le mois qu'on puisse dire, on se passerait volontiers !

Décidément certaines de nos soeurs n'ont pas de chance.

Elle a dénié l'avoir frappé, en tous cas pas la première, mais pas lui, précision elle mesure 1m55, est rondelette, lui il fait dans les 1m80, il est boxeur et adepte des salles de musculation, il a donc tout fait pour la faire enfermer cette toute première fois en arguant de coups sur sa personne et d'une ITT de deux jours, (notez bien les deux jours je vous prie) et de harcèlement bien entendu !

Et aujourd'hui, ou plutôt il y a une semaine, sa peine de 15 mois fermes pour harcèlement l'a été sans sursis très certainement parce qu'une fois de plus elle avait refusé de se présenter devant l'iniquité de ce deuxième procès et sans doute était-ce aussi moralement trop dur de devoir se faire juger par la société des mâles sans qu'à un seul moment on n'examine le bien-fondé du bouquin...

Ah liberté d'expression comme on t'aime, surtout quand elle sert toujours le même oppresseur. Elle n'est pas prête d'exister pour nous sans un mouvement fort qui reprenne et le plus vite possible.

La féministe radicale Catharine MacKinnon envisage sans plaisanter dans son livre << Le Féminisme irréductible >> paru en 1987 mais toujours actuel (traduit en français par les éditions Des Femmes en 2005), la fin de notre mouvement des femmes tel qu'on l'a connu au XXième siècle, si nous ne nous remuons pas à nouveau, je pense qu'on peut déjà réciter le requiem...

Peine sévère donc pour Brigitte Brami, Tiens je ne suis pas étonnée, et de façon certaine cette fois parce que le juge avait décidé qu'il s'agissait là d'une récidive de harcèlement (les fameuses cartes adressées à un psy intouchable)... Eh bien, ça ne plaisante pas !

Elle a péché par naïveté et franchise, car ces gars-là savent se défendre et même avec les grands moyens, ce qui n'est pas si étonnant quand on lit Dubec et ce qu'il pense normal des sentiments des hommes envers les femmes lors des coïts comme lors des viols.

Et enfin la cerise sur le gâteau, plongez-vous donc au coeur de cette polémique sur Dubec et l'apologie du viol que Brigitte Brami et nombre de pétitionnaires et d'associations féministes, de docteurs aussi, lui reprochent dans son dernier livre : Le plaisir de tuer. Il faut lire cela !

C'est dans les liens ci-bas, y compris l'appel de Brigitte sur Sysiphe que l'avocate du Dr Dubec avait demandé à Sisyphe de censurer mais que Sisyphe a remis !

A part les cris des féministes non entendus par la justice de notre pays, Mister Dubec a été l'objet de nombreuses plaintes actuellement examinées par le Conseil de l'Ordre (mais semblant n'aboutir sur aucune sanction), tant de patients que d'une certaine personne qu'il a insultée dans un livre (Mr Joffo ayant obtenu gain de cause en justice concernant un autre livre et juste avant que les pétitions ne pleuvent contre le dernier), mais en attendant ce cher Dr Dubec n'a jamais fait un seul jour de prison et continue bien d'exercer comme expert-psychiatre de renom en Cour de cassation, soit la plus haute instance du système judiciaire où il a même été reconduit pour les cinq prochaines années.

D'où le titre de l'article du journaliste, Brami 458 / Dubec 0

C'est 458 jours de prison.

Petite précision, il ne fait pas bon s'attaquer à ce cher Dr Dubec, la pétition a été retirée du site Sisyphe par des manoeuvres d'intimidation de l'avocate de Dubec et Dubec attaque systématiquement les personnes qui relaient la polémique sur leurs sites, je risque donc de me faire attaquer ?

Voilà j'ai relaté les faits de manière neutre quand on me connait, mais inutile de préciser que je suis scandalisée, et que ce Dubec illustre tout ce que je déteste, tout dans le sexisme et la brutalité...

Mon coeur est pour Brigitte Rami et en solidarité avec elle, et je me demande bien qui de nous n'aurait pas exactement réagi de la même façon qu'elle.

C'est sûr qu'elle a sous-estimé l'ennemi...

Alors que peut-on et que doit-on faire maintenant ?

Cela arrive ici et maintenant à une des nôtres.

Les sources :

http://www.come4news.com/plaisir-de-tuer-dubec,-458,-brami,-0-731089

http://sisyphe.org/spip.php?article2967

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/michel-dubec-des-mots-qui-ne-37630

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/droit-de-reponse-de-michel-dubec-38999

http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2956

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18 octobre 2009

Et où Michèle Causse m'inspire... Appel à toutes !

Appel à militer au nom de l'amour des femmes (philogynie)

Rencontrer des lesbiennes, accrocher des tracts un peu partout, les envoyer sur internet...

Notre but, ne pas laisser crever l'amour des femmes et des lesbiennes, un chemin d'amour dur à trouver mais pour lequel nous lesbiennes sommes les plus douées, un amour qui fait du bien, nous ne voulons pas perdre tous les acquis de nos historiennes, écrivaines, anciennes militantes trop isolées et qui pour certaines se font agées maintenant, nous ne voulons pas laisser une seule autre soeur désemparée et isolée plus longtemps comme nous l'avons été nous-même (25 ans d'absence politique cela fait des ravages y compris dans notre vie privée et cela suffit!), nous sommes toujours autant invisibles et privées d'expression propre et de socialisation satisfaisante, autant coupées des nôtres et de leurs combats et enseignements et paroles de liberté, noyées au milieu d'une société commerciale, superficielle, ou bien militante mais où le L n'occupe qu'un sixième du sigle LGBTQI, où nous sommes réduites à ce L, encore une fois.

Et les Queers seront peut-être doués pour aimer les Queers et disons pour trouver des formes alternatives de déconstruction sexuelle et de genre, leurs théories sont d'ailleurs venues de nos écrivaines lesbiennes radicales mais nous pensons que les expériences qu'ils font sont des dérives qui au final ne nous apportent RIEN de plus que malaise et invisibilité, alors voici quelques liens pour commencer :

www.mysandriste.over-blog.com, ma soeur à l'origine de cet appel au renouveau et

www.bagdam.org à Toulouse, Bagdam qui a toujours été là, en résistance, avec quelques unes de nos meilleures alliées en son sein.

Et voici notre texte, sobre, simple, comme on sait aussi les écrire avec notre rage, un appel de trois lignes que vous pouvez relayer, n'hésitez pas à nous contacter, c'est ensemble, anciennes et nouvelles, que nous allons faire changer les choses :

Lesbiennes_Radicales

Nous sommes sur le point de nous donner un nom, propositions inspirées bienvenues, tout comme votre support et tout ce que vous pourrez nous apprendre...

Et surveillez-nous surtout car toute cette agitation ne fait que commencer !

Posté par lesboseparatiste à 02:36 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Où je découvre Jacqueline Julien

Magnifique, tu en penses quoi Mysandriste ?

De cela :

F (emale) to L (esbian) Pour un nouveau genre de visibilité

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Communication au colloque lesbien de Rome, mai 2005 : "le sujet lesbienne. Subvertir la pensée hégémonique pour une récriture de symbolique"

Jacqueline Julien

Résumé

Il y a de quoi se demander : pourquoi le CORPS lesbien, s’étant visibilisé et montré dans toute sa "fierté" au long de fiers défilés, disparaît ensuite régulièrement de la scène sociale et du champ symbolique ? A moins qu’on ne le fasse disparaître ?

Mais de quelle disparition s’agit-il ? Et disparition de quelle idéale idée d’identité ?

Si l’on évoque celle qui s’efface dans la course gaie à l’homologation, celle qui se fond dans la sexision female, ou se réduit à 1/4 de portion dans l’occulte sigle LGBT, la voici, notre corporéité lesbienne, pourtant unique dans son potentiel d’implosion des catégories de sexes, rétrécie au summum de l’effacement : la lettre L.

Mais qui est L . Comment avons-nous pu permettre une telle dilution ? Il ne s’agit pas seulement de poser les questions mais d’y répondre, et vite si nous voulons reproposer celle de notre visibilité - donc de l’eternel retour à l’invisibilité - , en somme si nous ne voulons pas souscrire au contrat homohétérosocial qui structurellement nous anéantit.

Je me propose d’introduire mon intervention avec ces deux composants : la colère et le pessimisme.

Naturellement j’essaierai de montrer que mon pessimisme est étroitement surveillé par ma colère , puisque c’est la colère qui anime - et j’ajoute nécessairement - mon pessimisme. Nécessaire plus que jamais, la colère. À mes yeux aujourd’hui dénutrie , dans ce que nous-mêmes appelons communauté lesbienne. Nous devons accomplir à nouveau beaucoup d’efforts pour accéder collectivement, donc singulièrement, "l’une après l’autre" , à un état de fureur permanent.

Paradoxalement, nous aurons plus de mal à remobiliser cette colère du fait qu’elle a déjà été éprouvée et agie (année 70-80-90), et ensuite nous l’avons en partie perdue (début de la fin des années 90) (1) . Il nous faudra donc également affiner, radicaliser notre pessimisme, qui donne à voir cette perte. Les deux composants , colère et pessimisme, je le précise, ne sont pas contradictoires. Aujourd’hui, ils sont dialectiques, et tactiques.

Depuis un certain nombre d’années, la fureur lesbienne fuit. Elle fuit par le haut (les Anciennes sont fatiguées ou casées ou mortes), par le bas (les Nouvelles sont enthousiastes et/ou inconscientes, ou au contraire inexistantes car trop opprimées) et par le milieu, comme chez les lesbiennes gay-ysées ou queerisées que j’appellerai domestiquées.

Mais il y a sûrement des espaces où on peut encore trouver cette fureur. Non ?

Par fureur j’entends une fureur volontaire, facile d’accès et non autodestructrice, à condition qu’elle soit armée du même poids de jubilation radicale, à condition de l’étayer par notre ardeur à " réinventer le monde " . la fureur est la base mentale nécessaire à toute action d’éclat, préalable à tout labeur de réécriture de l’existant. Quant au pessimisme, il n’est pas une résignation, n’est pas un lamento d’Ariane, ce qu’il serait sans la colère. Il n’entrave nullement des fonctions vitales comme rire aux éclats (le rire de la Méduse ?), faire l’amour- seule ou accompagnée-, ni ne vous prive de cultiver des plantes en pots sur votre balcon.

Le pessimisme ne doit pas être un épouvantail, au contraire : contre l’épouvante du demain, il nous permet de nous ériger, menaçantes car indignées, luttant stratégiquement contre ce que nous révèlent nos pires cauchemards : la réalité d’aujourd’hui.

Toutefois, pour être vraiment fonctionnel, notre pessimisme a besoin, à part être furibond, d’être lubrifié par une autre huile essentielle : la lucidité, je dirais même la volonté de lucidité. (NB : " lucide ", de lucidus, eut le premier sens de clair, lumineux ; et la " lucidité " fut d’abord synonyme- fin XVe s. - de gloire et d’éclat.)

Puissions-nous retrouver éclat et gloire dans l’exercice de la lucidité ? Or si je veux parler de cette " réalité d’aujourd’hui " - ce qui demande lucidité, cette fois au sens de clairvoyance, perspicacité -, je ne peux le faire sans pessimisme, voire désespoir. Et s’il nous faut contrer ce réel du jour qui est celui de demain, j’estime que nous, lesbiennes ayant soi-disant conquis la fierté de l’être avons besoin surtout, ici et maintenant, de désespoir. Et cela afin de RE-agir. (Nous verrons ensemble de quel ordre et où : localement ? nationalement ? ou au moins au niveau européen - en attendant mieux ?)

Ayant formulé cela, je suis consciente de provoquer quelque remous. mon discours sera incompréhensible à qui oublie de quelle phénoménale en-rage nous provenons, ou à qui estime que nous avons conquis des droits et qui pour cela trouve des raisons d’être confiante quant au partage final et global de tous les privilèges de l’hétérosociété.

Nous avons peut-être cru car espéré être devenues socialement visibles parce que nous avons défilé sous l’arc-en-ciel de la fierté (Gay & ) lesbienne. ces défilés n’ont pas été inutiles. Les premiers ont même été une réelle ébriété, à nous voir ainsi nous voyant , toutes et chacune, ô dykes, à l’air libre. ces fiertés ont eu aussi, bien entendu, leur fonction d’électrochoc dans l’establishment hétérolobotomisé ; d’ailleurs, si l’on pense aux pays infiltrés/gouvernés par un fondamentalisme religieux d’Etat, comme la Pologne, impossible de nier qu’une manifestation gay et lesbienne y assume son pouvoir de subversion et d’éveil (et il fallait les entendre et les voir, les huées de haine contre la Pride de Cracovie en 2004, pour se rappeler ce que c’est, une " Pensée hégémonique " en action... ) Désormais, à l’ouest, nous sommes LGBT, et je ne doute pas que les dykes polonaises accéderont sous peu à un tel privilège (2).

Hélas, les initiales de ce nom de code, contenants évacués de leur contenu, traduisent l’érosion du vouloir révolutionnaire, ne manifestant au mieux qu’un potentiel subversif contre l’ordre moral. Mais le lesbianisme est bien plus qu’une subversion de l’ordre moral. Dans cette " fierté " mixée aux consones cryptées, les lesbiennes, comme d’ailleurs leurs collègues GBT, sont dé-nommées, de-substantivées en épithètes ; et même pas, car si en grec epitheton signifie " ajouté " , l’épithète qualificatif lesbienne a même disparu, désormais réduit à cette initiale, à cette seule et muette majuscule : L. Soit le 1/4 de portion du fameux sigle fédératif ( pour fédérer quoi au juste ? ) et abusivement consensuel (pour quel consensus may I ask ? )

Tout cela n’est pas sans conséquences.

Mais qui est L ?

A l’heure actuelle n’est à voir dans cet L que ce qu’il n’est pas mais qui " saute aux yeux " si on peut le dire - d’une disparition : effet escamotage dans le mixage queerisé des objectifs gay-les-bi-trans, L traduit une caméléonique invisibilité sociale, donc économique, donc politique, donc culturelle, parce que linguistique, donc symbolique. Et j’ajouterais " graphique " . Donc tragique. Quant à l’histoire, fût-elle récente, " (...) ne dites pas, il y a eu des périodes de chaos. Comme si nous avions connu d’autres temps. Âge sombre après âge sombre, telle a été notre histoire. " Ainsi admonestaient Monique Wittig et Sande Zeig (pour la définition du mot histoire) dans le Brouillon pour un dictionnaire des amantes. C’était en 1976. Dans La Pensée straight (3) , Wittig réitérait son indignation, volontairement pessimiste, évidemment lucide et se donnant les moyens de l’être en glorieuse éclatante : " Il n’y a aucun doute, une guerre a été entreprise contre le lesbianisme. La destruction systématique des textes issus de cette culture, la clandestinité dans laquelle elle a été plongée l’attestent " .

Contre cela, cette suppression suprême et principielle (nier toute culture aux dominé-es est la stratégie princeps, et qui plus est durable), ne devrions-nous pas être animées d’une rage cosmique ? Non, si l’on contemple notre incapacité tactique, évidemment empreinte de lassitude, à stopper net la vague légaliste de l’homologation lesbienne (L) réclamant son bon droit d’exister (de disparaître) dans l’hétéro-homosocialité (4) . Le déplorable manque de colère qui caractérise l’oecuménisme, ou disons le grand gay brassage LGBT, nous décourage d’afficher nous-mêmes-s notre colère radicale. Au lieu que nous manifestions d’être révoltées, rageuses, agressives, implacables (je ne parle pas ici d’individues mais de capacité de mouvement), nous laissons courir le courant au titre d’esprit de communauté compatissante, laissons enfler le mainstream des aspirations familialistes des lesbiennes à enfants, de toute cette homolesbitude pacsée domestiquée et gay gay marions-nous (5) . Serions-nous redevenues en lesbianisme ces " filles à papa " vilipendées par Valérie Solanas ?

Il se pourrait même que certaines lesbiennes plus jeunes, celles qui n’ont pas été socialisées par le mouvement féministe mais par les gays, soient entrées de plain- pied dans l’ère du fratriarcat analysé par Rosanna Fiocchetto (6) Voici donc, du moins en France, toute une nouvelle génération de petites-soeurs, zélées ferventes de leurs grands-frères. Contrairement à celles qui, bien que n’ayant pas connu générationnellement le mouvement des femmes des années 70-80, sont, elles, avides de culture lesbienne féministe, les petites-soeurs-des-pauvres - dans ce cas des pauvres gays sidéens, des pauvres trans- (à chouchouter en particulier : les Male to Female , et intersexué-es - ne pensent pas lesbien. mais de même qu’on demandait : " Comment peut-on penser femme à l’ombre des hommes ? " , on est en droit de redemander, avec Brigitte Boucheron : Comment peut-on penser lesbien à l’ombre des homos ?

Tout cela, à savoirentendre, est très fatiguant.

Cette fatigue, elle nous sape le moral, nous ôte la confiance en un possible redéploiement radical, comme si on se croyait incapables politiquement (théoriquement/pratiquement) de contrer avec éclat ce rouleau compresseur consensuel de l’homofratriarchie, inaptes à annuler l’amnésie de la violence hétéropatriarcale et des moyens de cette violence. Nous qui avons défilé en 2003 à Bari (8) , ville du Grand Sud de l’Europe, et qui n’y avons PAS subi de violence violente, voudrions oublier pour autant qu’une des tactiques les plus efficaces du fondamentalisme hétérosocial, quand n’est plus considéré " esthétique " de trucider l’homosexuel-le, est celle de digérer la sédition de ses autres différents ? Naturellement qu’on ne l’a pas oublié. Mais cela ne nous rend pas plus aptes.

Et tout cela nous met (souvent) de mauvaise humeur.

Le problème de la mauvaise humeur, contrairement à une fureur ontologique, c’est qu’elle reste dans l’anecdotique et fait alliance avec la résignation - ce quant-à-soi qui reste chez soi -, le silence. Ainsi, de " silenciées " (mot outil de Michèle Causse), nous voici mutifiées. Disparues du champ sociétal mais participant de cette disparition, clandestines ou dans l’esquive, nous ne savons plus être activistes (ces rebelles " trépidantes, énivrantes " , pour re-évoquer Solanas !), nous ne parvenons pas à transformer notre humeur massacrante en action véritablement " éclatante et glorieuse " . Le fait est, éclat-et-gloire font bien défaut à la lettre L, plutôt éteinte derrière les paillettes des défilés gay-bi-trans : font défaut, certes non pas par " manque " de paillettes et de plumes ! - et qu’on me fasse grâce ici de l’accusation de pudibonderie " normative " : notre REFUS des oripeaux F(emale), fussent-ils de provocation/dérision, est la base et le tout de notre REFUS politique des classes de sexes.

Alors balayons les paillettes et revenons au fait : nous lesbiennes radicales n’avons plus la mine glorieuse-éclatante. Les anciennes, parce qu’elles sont anciennes et fatiguées de projeter leur corps dans un espace public homo/hétéro hostile à leur pensée, ignorant du corpus lesbien ; quant aux Moins Anciennes... elles sont certes moins fatiguées mais l’éclat et la gloire ne sont pas non plus évidents chez elles : se sentant elles aussi minoritaires ou minorisées par l’homohégémonie, elles préfèrent entretenir leurs propres espaces d’alliance et de séparation des corps (9) . séparées, donc, du courant majoritaire... qui le leur rend bien ! Cloison de verre, et pas de forces, assez, pour le faire exploser.

Depuis 40 ans, les Anciennes, rejointes par les Moins Anciennes, écrivent articles et livres implacables. Problème, pour le moins de visibilité puisqu’il s’agit de lisibilité : ces articles, ces livres ne sont ni lus ni traduits, et d’ailleurs peu publiés et presque jamais réédités (10)

Allons, ne parlais-je pas d’un pessimisme qui devrait " se convertir en action " comme l’exigeait Audre Lorde à propos de la colère (11) ? Las, creusons la plaie : " dans le passé, écrivait George Orwell dans 1984, chaque tyranie finissait, un jour ou l’autre, par être renversée, ou au moins combattue, parce qu’ainsi le voulait la nature humaine, éprise comme il se doit de liberté ( ? le point d’interrogation est le mien, nda). Rien ne nous garantit que cette "nature humaine" soit immuable. Il se pourrait tout autant que l’on parvienne à créer une race d’hommes (sic : nous sommes chez un auteur androlectal même si lucide sur certain point pour lequel je le cite, nda) n’aspirant PAS à la liberté, comme on pourrait créer des vaches sans cornes " .

...Comme on pourrait créer des vaches sans cornes

Ma consternation, voyez-vous, est de faire partie demain d’une communauté de vaches sans cornes.

Un : parce que mon amour pour les vaches en souffre.

Deux : parce que je suis au désespoir de ne pouvoir comprendre (ou trop comprendre ?) le sens de cette immolation collective, de cet effacement lesbien (toujours au nom de la solidarité avec les autres-différents) dans le jeu de piste des intertersexué-es et des transgenres. Le lesbianisme à son préalable est tout autre qu’un jeu de classe sexuelle mais bien une guerre déclarée à la bicatégorisation des sexes. je répète, la révolution lesbienne n’oeuvre pas à la seule subversion d’un Ordre moral (prisée surtout par les gais), mais au renversement du mythe de la féminité, au démantèlement des rôles imposés à la différence femelle. Nous avons nous-mêmes initié la démolition théorique de la dualité des sexes - l’enjeu véritable, et non le jeu (ou alors l’en-je), étant de faire rendre gorge à l’héteronorme donc à LA norme, de faire imploser l’hétérosexualité donc LA sexualité, de déminer l’hétérosociété donc LA société. Si chez Wittig, comme chez Causse, le lesbianisme radical opère dans le champ littéraire, c’est qu’il est " le lieu privilégié pour faire advenir un sujet un jour.

Tout cela est très excitant.

Mais voilà un enjeu tellement considérable, pour les lesbiennes et pour les femmes du monde, qu’il y a de quoi se demander si ce n’est pas l’énormité de cette déconstruction/reconstruction révolutionnaire qui a amené certains et certaines à l’éclater, à la compartimenter dans des propositions architecturales apparemment encore plus " osées " , censées être plus expertes à déconstruire le mono/logos, la monolithique loi des genres ; ces petits bungalows ou mobil-homes, très mobiles en effet, n’offrent en réalité qu’une façade ultra-kitsch. Leur pomponnage post-postmoderne masque dramatiquement et scandaleusement la réalité des fondations du pouvoir qu’elles prétendent défier.

Alors, question : le lesbianisme radical est-il seul capable aujourd’hui de faire sauter la banque ? Cette banque mondiale du sperme qui régit les consciences et où maintenant vont s’approvisionner les goudous en mâle d’enfant ? Je parle cru, car la menace est crue. Et cruelle.

Dans le cadre de la digestion des diversités en un Universel, lequel régit la bicatégorisation des sexes, le complot de l’homologation DES sexualités à LA sexualité est désormais médiatique. (Je dis bien des sexualités y compris lesdites " différences " de la-normale.) Florissante, l’idéologie du nombre Deux, seul horizon du couple fût-il LGBT, s’incruste. (et Danielle Charest décolle cette croûte idéologique, impitoyablement (12) ). On nous sert jusqu’à en vomir de ces documentaires indigents sur nos " histoires de vie " , estampillées au sceau de cette NORME-alitée à deux. On y apprend que les lesbiennes, scoop fracassant, couchent - mais oui couchent, et que certaines sont même acquises au hard sex (Allons, foin de préjugés, semblent insinuer les journalistes avec des airs gourmands de pornographes (13) .) Tandis que les gays bénéficient de l’allusion à une production, ne serait-ce que livresque ou filmique, les lesbiennes n’apparaissent quasiment jamais, dans ces docu-menteurs mortels, comme productrices d’écrit, génératrices de concept ; ni au passé (et de grâce passons sur Sapho qui n’est au mieux qu’une étiquette d’origine controlée, dans le grand public), ni au présent ni au demain.

Face à l’insulte recurrente et l’acculturation systématique (violence inouïe aux rarissimes exceptions, voir note précédente), que faisons-nous ?

Comment démanteler la " tolérance répressive " (expression de Marcuse (14) ) qui suffoque nos écrits, nos voix et a contaminé telle une MST nos amies en homosexualité ? " Voilà pourquoi je suis fatiguée de la tolérance, dit Edda Billi (15) dans un récent communiqué, ce mot sournois qui va jusqu’à nous ouvrir des créneaux dans le balayage médiatique, offrant nos visages et nos corps, exploitant hypocritement nos intelligences comme on exhibe les guenons au zoo." Le dominant nous hait tranquillement le mal nous anéantit mais "ça ne se voit pas " . pire encore, nous ne le voyons pas, puisqu’il paraît que nous sommes (mieux) tolérées.

L’opposé de la lucidité serait donc bien l’oubli des capacités digestives de l’androcratie, l’aveuglement sur la fonction répressive, puisque de contrôle , de la tolérance ; aussi cette partie sur le péril des vaches sans cornes se conclut-elle avec le risque déjà annoncé : l’abandon du désir de liberté.

À l’instar de l’installation mondiale de l’ultralibéralisme et de pensée Unique -pensée inique- un Nouvel Universel s’est insensiblement imposé, persuadant un grand nombre de lesbiennes d’en être les naturelles ayants droit. cette nouvelle universalité de la " différence normale " (16) alliée ou du moins associée des autres-différents caractérise l’homolesbianisme à la sauce mixte. Lequel a abandonné - paradoxe - le désir de liberté alors même qu’il semble réclamer toujours plus de " libertés " : pluriel d’abondance, à la façon de ces énormes packs de supermarché proposés comme plus avantageux et contenant dix fois plus que ce dont on a réellement besoin.

Ainsi les lesbiennes qui se veulent à la fois aussi " normales " que les hétéros (couchant, s’épousant, pondant) mais différentes à l’intérieur d’une " communauté " dominée par les gays, gays-queers, gay-trans, gays-bi, se retrouvent invisibilisées par cette " différence " même. La " différence " ne fait plus la différence ! elle est à la fois rejointe (assimilée) par les " autres-différences " et va se fondre unanimement dans le " Tous-Genres " , défendus au nom même de la subversion des genres. (Performativité ma soeur...) Cela ne fait pas bouger d’un iota l’édifice hétéropolitique, ni ne remet en cause le corps féminin F(emale) obligatoire dans l’hétérosocialité et sa " présomption d’hétérosexualité " , selon la formule de Teresa de Lauretis (17) . Légalistes, Gentilles, Braves et Tranquilles, les lesbiennes " gay-isées " du courant mixte LGBT ont donc été rattrapées par le différentialisme qui régit la société toute entière.

Tout cela nous menace grandement.

Où avons-nous égaré notre pouvoir terrifiant de la lavender menace imaginée par Nicole Brossard, formalisée par Monique Wittig ?

Devrions-nous encore toucher le fond du désespoir, donc atteindre le summum de la lucidité pour enfin RE-agir " méchamment " ?

Contre le Nouvel Universel, casser le fil (du Lamento) d’Ariane

L’idée d’une nouvelle normalité, on l’a vu, est non seulement une voie sans issue, dangereuse comme une impasse la nuit, mais elle est peut-être aussi l’expression d’une nouvelle mélancolie, d’un refus du malheur travesti en désir de jouir. Comme dans toutes les époques de profonde dépression, de crise-de-société, il y a toujours des petits futés qui viennent réclamer avant tout, non pas un salaire égal à compétence égale, mais de " jouir sans entrave " - c’est bien ce que proclamaient non pas les filles, mais les petits mâles de 68, ayant vite saisi les avantages immédiats qu’ils allaient tirer d’une imminente " révolution sexuelle " .

Eh bien tope là, jouissons sans entrave et que la sexualité - to have sex - nous tienne lieu de gaîté, qu’elle anticipe le discours et l’évacue. que le gode soit notre bâton de pèlerin et grossissons le flot des nouvelles converties en Tous-Genres. En magasin, nous avons aussi la tentation du neutre ou de l’androgyne. Allons donc : dépasser l’espace d’indétermination sexuelle et de genre réclamée par les queers, n’offre qu’une marge étroite, car cet espace est extrêmement exigu. Mais déjà dit et redit mille fois par les radicales. Faut-il encore et toujours se répéter ?

" Le procédé qui consisterait à neutraliser tous les termes en employant systématiquement le masculin n’aurait pour résultat, en l’état actuel de la langue, que l’occultation, dans le texte, des femmes et ne ferait que perpétuer la tradition. Se trouveraient évincés du discours, non l’oppression, mais l’opprimée, non le féminin, mais les femmes.(18) "

Et j’ajouterai : évincé, non les genres, mais les lesbiennes. Puisque " le genre est une farce ontologique " (Monique Wittig, La pensée straight) je repose la question :

Qui est L ? De quelle " visibilité " identitaire ou de quel sujet est-elle la lettre d’impasse ?

Est-elle vouée à rester cette " anomalie qui réclame le nom caché " , de Djuna Barnes ? Et nous, ici, oeuvrons-nous toujours dans un projet révolutionnaire incarné ? Et quelle pensée non volatile incarne en 2005 un corps lesbien, plus de trente après la publication du Corps lesbien de Wittig ? (Le concept-image de volatile est emprunté à Causse dans l’interloquée : " Une pensée qui n’est pas soutenue par un corps est une pensée volatile (19) " )

Quel est alors ce "sujet lesbienne " de nos livres implacables ? Quel est même ce " nom " de lesbienne ? Katy Barasc a retravaillé ces questions, qui sont d’ordre philosophique, comme on travaille une pâte reposée sous la haute main de la généalogie (20) . Tout est à reprendre, même les interrogations. d’ailleurs " Il ne s’agit pas de trouver de nouvelles réponses à de vieilles questions (...) mais d’ouvrir les brèches pour un futur vivable (21) ." Le passé n’est pas vivable, on ne le sait que trop. Quant au demain, devrons-nous, comme nous avons porté les corps sanglants des femmes avortées dans l’illicite, porter longtemps le fardeau mental des homosexuelles ?

Oh redonnez-moi la Babel de nos pensées NON volatiles !

" Une lesbienne est radicale ou n’est pas lesbienne, disait ( avec beaucoup d’autres choses) Nicole Brossard. Devrions-nous alors, non pas nous séparer mais nous réparer, et pour cela demander réparation -oh symboliquement- à celles qui nous freinent, les satisfaites, qui nous pèsent et nous retiennent de tout leur ancrage dans la fratriarchie ? Celles, les " excisées mentales ", à qui peu ne chaut, entre autres, des excisées réelles ? Comment redéployer notre agency, notre puissance d’agir ?

Peut-être, nous, Anciennes, oubliant notre fatigue, nous re-exercer à la jouissance ? Triompher de la mise sous silence ou de l’in-signifiance ? retrouver le goût le défi le panache le rien-à-perdre ? Ranimer cette lavender menace que nous représentons et qui nous a tant et tant fait rire ? Notre langue est difficile. Mais " une langue difficile peut changer un monde brutal " - et comment ne pas être d’accord, dans ce cas, avec Judith Butler ! laquelle précise, parlant d’or, qu’une langue remettant en question le sens commun " peut aider à déterminer les voies d’un monde socialement plus juste (22) " . Semble lui faire écho Michèle Causse (mais cela 20 ans plus tôt - elle le disait en 1988 ! ) : "Récupérer le sujet de l’énonciation exige aussi la maîtrise de l’énoncé (23) " .

Alors : Voulons-nous la maîtrise de l’énoncé ? Voulons-nous re-agir sur le SUJET de l’énonciation, au lieu de le laisser être "récupéré " par d’autres, plus pressé-es (cf. " jouir sans entraves " ! ) ou moins scrupuleuses ? Lorsque sous ma bouche la raison du monde ruisselle... (24)

Alors : je... Ou j/e ? Quel en-je ? En tout cas : cette elle en chacune qui disais-je n’a " rien à perdre " , qui peut dire " d’après-moi " ou " en-ce-qui-me-concerne " , cette je-e-là dit que notre désespoir doit sans cesse être réinvesti dans son dépassement.

La dialectique dialogale entre désespoir et colère, entre fureur et jubilation n’est certes pas la voie la plus calme (il m’arrive d’être très-énervée) et le " moi " ne sait parfois plus où donner de la tête, sic.

Mais lorsque sous ma bouche la raison du monde ruisselle ...

C’est aussi avec la poésie que je veux conclure. Revenir au poème : comme pour y protéger la paix au coeur de ma colère. Le faire exprès signifie partager avec vous l’humour nécessaire au désespoir. C’est qu’il ne s’agit pas d’être " à moitié " pessimistes, ni " à moitié " lucides, ni donc " à moitié " furieuses, il faut l’être " à la perfection" .

Comme c’est étrange le

le bruit des explosions dans les cafés

le nombre des martyrs

des illetrés

des buveurs de bière et de thé

le nombre des morts mon amour c’est étrange

deux femmes qui s’aiment dans l’angle

du plaisir fou c’est étrange le plaisir

le nombre des saisons qui diminue

le futur qui rétrécit dans le silence

comme si nous rêvions avec une ardeur

sans nom

pour cogner dans l’histoire

en pleine crise d’espoir

c’est si étrange

le trafic des êtres et des bêtes

les visages, les cornes, les défenses

les sexes

comme c’est étrange

que pour éviter le pire

l’âme laisse les épines se multiplier

dans les ruelles, les bars

les musées et les jardins

c’est étrange comment

tu dis vouloir recommencer à plier par en dedans

la planète pour qu’il y ait

du vent dans les traductions,

qui augmente la passion

comme c’est étrange quand

tu me dis sors de ta solitude

et que je n’entends rien

les yeux branchés sur la nuit

donne-moi une allumette

il fait noir dans notre humanité

C’est étrange, Nicole Brossard, (inédit)

Mon amour, je te la donne cette allumette.

Pour illuminer notre langue.

Notre langue est difficile.

Pour changer un monde brutal.

Notre désespoir sera sans fin réinvesti dans son dépassement.

Jacqueline Julien Rome, mai 2005


[1]

[1] Notes :

1-Sur l’histoire de la visibilité lesbienne en france, lire de Brigitte Boucheron "La visibilité lesbienne en France, it’s a long way " , Lesbia Magazine, N° de juillet-août 2005. Panoramique extra-documenté en version remaniée et élargie de "France, années 90 : la décennie lesbienne " , conférence donnée en 1999 au Séminaire Orientation et identités sexuelles, questions de genre - Équipe Simone, conceptualisation et communication de la recherche/femmes, université Toulouse-Le Mirail.

2-Déjà fait on dirait (ouf ! les lesbiennes polonaises n’ont même eu besoin de l’étape laborieuse du féminisme, elles/ils -puisqu’il faut les associer aux GBT -, sont passé-es directement au queer) : les 18-20 septembre 2005 à Bielsko-Biala, se tiendra le colloque : Queer community/ies, queer exclusion/s

3- In Questions féministes, mai 1980, n°8 ; - The Straight mind and others essays, Beacon Press, 1992, rééd. dans Monique Wittig, La pensée straight, Balland, 2001.

4-Voir Danielle Charest, " Intégrationisme : les contrats apparentés au mariage. Une fuite en arrière " in lesbianisme et féminisme, éds. N. Chetcuti et C. Michard, L’Harmattan, 2003. Et communication au colloque de Rome, " Le sujet lesbienne " , mai 2005.

5- Voir aussi Brigitte Boucheron (article cité note 1), qui commente ainsi la triste acculturation lesbienne : " Trop de lesbiennes sont acculturées, phagocytées par la culture hétérosexuelle et gay, trop peu souhaitent l’existence d’une culture lesbienne, trop peu sont porteuses d’une ambition lesbienne, trop peu souhaitent autre chose que l’aménagement d’un " territoire intérieur " , confortablement interné en l’hétérosexualité. "

6-Rosanna Fiocchetto, Phénoménologie et pratique de la fureur. Amazones d’hier et d’aujourd’hui (voir espace lesbien n°4, mais sa communication romaine au colloque de mai 2005 a été enrichie par un commentaire raisonné de la situation italienne en 2005)

7- Brigitte Boucheron, article cité.

8-Gay & Lesbian Pride de Bari, 6 juin 2003 (les desiderandae m’y avaient invitée pour "raconter Bagdam"). En Italie les fiertés nationales sont chaque année organisées par une (grande) ville différente. En 2000 ce fut à Rome (fierté nationale et mondiale) et malgré les intimidations et menaces pour la faire interdire (ou plutôt grâce à cela), cette Fierté s’est transformée en gigantesque manif ( 500 000 personnes !) de tous les laïques et gauche hétéro confondus et cette fois solidaires pour faire la nique au jubilé fondamentaliste catholique romain. Cette année 2005, ce sera à Milan, et il semble que cette Fierté soit organisée par le mainstream (droit au Pacs, enfants, etc.). D’où la colère de nos amies lesbiennes séparatistes, organisatrices du colloque de Rome.

9- Lire à ce sujet, et concernant l’Italie, Simonetta Spinelli, "L’espace du désir" : la réception de l’oeuvre de Wittig en Italie" , in Parce que les lesbiennes ne sont pas des femmes, eds M.-H.Bourcier et S. Robichon.,éd. gaies et lesbiennes, Paris, 2002.)

10-Concernant l’accès à nos oeuvres, difficultés de tous ordre dont les causes principales sont la mauvaise volonté éditoriale (même Le puits de solitude de Radclife Hall n’est pas réedité, alors que ce classique devrait être en livre de poche !) et le manque de moyens que nous investissons pour nous éditer et nous diffuser. En Italie, Wittig est introuvable et pratiquement impubliée. Voir Simonetta Spinelli, article cité.

11-Audre Lorde, Sister Outsider, The Crossing Press Feminist Series, Freedom California, 1984 ; - Sister Outsider, Essais et propos d’Audre Lorde sur la poésie, l’érotisme, le racisme, le sexisme,.éd. Mamamélis (Genève, CH) et Trois (Laval, Canada), 2001.

12-Danielle Charest, article cité et communication au colloque de Rome, " le sujet lesbienne " , mai 2005.

13- Modèle du genre et dernier en date (mai 2005, sur TV5) : Mes questions sur... des femmes qui aiment les femmes, de Serge Moati. Fascination morbide de l’hétéromasculinisme, transpiration de curiosité agressive, le tout criblé d’arrogance et confondant d’ignorance. Mais, deux exceptionnelles exceptions à la règle : en étroite collaboration avec Bagdam Cafée, La sexualité lesbienne, de Catherine Muller-Feuga, France3-Sud, 1996, avec Marie-Jo Bonnet, Michèle Causse, Jacqueline Julien. L’autre divine surprise, ultra-récente, est le film réalisé par Michèle Causse, de Michel Garcia-Luna, Un écrivain en terres occupées, 50’. Bijou de didactisme sur le lesbianisme radical et le chantier entrepris par Michèle Causse sur le langage. Un DVD à commander : Luna.prod@wanadoo.fr

14-Tolérance repressive " (...) par laquelle les dominants, loin d’abandonner leurs tentatives d’imposer leurs normes, font mine d’accepter les différences pour mieux les contrôler " . Brigitte Boucheron, article cité.

15- Edda Billi, lesbienne féministe italienne " historique " , responsable administrative de la Casa internazionale delle Donne de Rome.

16- Voir à ce sujet la communication de Luki Massa qui rappelle sa stupéfaction consternée lors de la Fierté nationale italienne à Naples en 1996, où plusieurs associations lesbiennes proclamèrent (fièrement !) leur "normalité " (slogans chantés et banderoles).

17-Teresa de Lauretis : ce concept de la " presumption of heterosexuality " chez les femmes, figure entre autres dans son article " Quand les lesbiennes n’étaient pas des femmes " , in Parce que les lesbiennes ne sont pas des femmes, eds. M.-H Bourcier et S. Robichon, éd. gaies et lesbiennes, Paris, 2002. En Français, c’est hélas le seul article accessible de cette grande théoricienne italienne enseignant aux Etats-unis, dont l’oeuvre est traduite dans de nombreuses langues. Voir note 10.

18-Catherine Ecarnot, L’écriture de Monique Wittig. A la couleur de Sapho, L’Harmattan, 2002. Voir aussi sur ces sujets la brillante anthologie qui vient de paraître en anglais (fevrier 2005), éditée par Namascar Shaktini : On Monique Wittig Theorical, Political, and literary essaysed. Namascar Shaktini University of Ilinois Press, Urbana & Chicago, 2005. www.press.uillinois.edu Catherine Ecarnot et Namascar Shaktini ont toutes deux été intervenantes au 3e colloque de Bagdam (2002). Leurs superbes communications sur Monique Wittig sont à lire dans Espace lesbien n°3, " Le sexe sur le bout de la langue " , Bagdam Espace édition, sept. 2002.

19-Michèle Causse, L’interloquée, Les oubliées de l’oubli, Dé/générée, éd Trois, laval, Québec, Canada, 1991.

20-Katy Barasc, " Généalogie du mot lesbienne. Du subir au jouir " in Espace lesbien n°4, Fureur et Jubilation, Bagdam Espace édition, oct. 2004. Et communication au colloque de Rome, Le sujet lesbienne, mai 2005.

21-Françoise Armengaud, Avertissement à L’interloquée, op. cit.

22- Judith Butler, " Changer de sujet : la resignification radicale " in Humain, inhumain. Le travail critique des normes. Entretiens, éd. Amsterdam, Paris, 2005.

23-L’interloquée, op.cit.

24- Nicole Brossard, Picture Theory, Ed. Nouvelle Optique, 1982, rééd. L’Hexagone, Montréal, Québec, Canada, 1989.

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